Le président de la Lombardie rassure le Tessin

Le président de la Lombardie rassure le Tessin

Photo: Keystone

Ton résolument plus conciliant entre l'Italie et le Tessin: selon le président de la Lombardie, l'initiative UDC pour limiter le nombre de travailleurs étrangers, acceptée le 25 septembre par le canton, n'a pas de conséquences 'immédiates' pour les frontaliers.

Roberto Maroni s'exprimait mercredi à l'issue d'une rencontre avec le gouvernement tessinois à Bellinzone. Ce ne sont pas des mesures discriminatoires contre les travailleurs italiens, a-t-il relevé. 'Nous défendons nos intérêts, mais le climat entre la Lombardie et le Tessin est bon', a-t-il assuré.

Pourtant, au lendemain du vote des Tessinois le 25 septembre, le ton était bien plus acerbe. Le politicien de la Ligue du Nord avait alors argué que 10'000 frontaliers de Lombardie étaient concernés par ce vote.

Le texte qui s'intitule 'Les nôtres d'abord' demande que les habitants du canton soient embauchés en priorité au détriment des frontaliers. Ces derniers ne seront pas victimes de discrimination, s'est engagé le président du gouvernement tessinois Paolo Beltraminelli (PDC).

Au contraire, s'ils n'étaient pas suffisamment payés, cela porterait préjudice à la population locale. L'économie tessinoise a besoin de la main-d'oeuvre étrangère. 'Nous ne voulons pas les diaboliser', a-t-il dit.

Roberto Maroni a réitéré sa sympathie pour le projet de zone économique spéciale sur le territoire italien proche de la frontière, déjà présenté en 2014. Les entreprises qui s'installent à une distance de 20 km de la frontière helvétique pourraient ainsi obtenir des avantages fiscaux. Le parlement régional doit encore donner son aval.

L'UE met en garde

Le vote des Tessinois n'a pas seulement créé de remous entre la Suisse et l'Italie. L'UE avait également réagi au lendemain de cette décision.

Ce texte ne va pas faciliter les discussions, déjà difficiles, sur la question de la libre circulation des ressortissants de l'UE en Suisse, avait mis en garde la Commission européenne à Bruxelles.

D'autres cantons frontaliers, comme Genève, n'avaient pas non plus tardé à réagir. Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia avait déclaré que le vote tessinois est une remise à l'ordre de la Berne fédérale.

Pour le ministre MCG, la préférence cantonale telle qu'elle est appliquée à Genève est 'plus réaliste' que la solution choisie par les Tessinois. Les autorités ont opté pour une solution plus modeste avec une préférence cantonale à l'embauche dans l'administration publique et dans les entités subventionnées.

63'000 postes

L'initiative a été adoptée fin septembre par 58% des électeurs du canton du Tessin. L'objectif est de lutter contre le 'dumping salarial' et le chômage dans l'attente des mesures prévues au niveau fédéral.

L'initiative exige que la Constitution du Tessin stipule désormais 'que sur le marché du travail soient privilégiés, à qualifications professionnelles égales, ceux qui vivent sur son territoire par rapport à ceux qui viennent de l'étranger'.

Sur les 200'000 postes de travail existant au Tessin, 63'000 sont occupés par des frontaliers. Quant au chômage, il atteignait fin août 3,2% au Tessin contre 3,1% dans l'ensemble de la Suisse.

/ATS
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