Les CFF tenus de continuer à transporter des marchandises

Les CFF tenus de continuer à transporter des marchandises

Photo: Keystone

L'acheminement de marchandises d'un bout à l'autre de la Suisse devrait continuer à faire partie des tâches des CFF. Par 25 voix contre 17, le Conseil des Etats a refusé jeudi une flexibilisation du marché amorcée par le National.

Le transport de marchandises en Suisse peut continuer de se développer dans le cadre actuel, pas besoin d'assouplir immédiatement l'obligation faite au CFF de prendre en charge le fret ferroviaire. De plus, une certaine flexibilité existe déjà et les compagnies privées ont accès à ce marché.

Quant à CFF Cargo, la compagnie doit rester au sein du groupe, d'autant plus qu'elle est enfin dans les chiffres noirs, a remarqué Paul Rechsteiner (PS/SG).

Des arguments contestés par une minorité UDC et PLR. Libérer CFF Cargo de son corset comme flexibiliser le marché permettra le développement et la croissance du fret ferroviaire en Suisse. Le service à la clientèle s'en trouverait également amélioré.

La conseillère fédérale Doris Leuthard a elle aussi vainement appelé les sénateurs à s'adapter à la réalité. 'Maintenant en Europe, le transport de marchandises sur le rail est une affaire privée, plus étatique', a renchéri Georges Theiler (PLR/LU).

CFF Cargo pas (encore) indépendant

Le Conseil des Etats a freiné les ardeurs du National pour transformer CFF Cargo en une entité indépendante. Il a rejeté par 30 voix contre 11 une motion de la Chambre du peuple en ce sens, préférant voter un postulat réclamant l'évaluation détaillée de différents scénarios.

Parmi eux: le statu quo, la participation financière de tiers assortie du maintien de CFF Cargo au sein du groupe CFF, le transfert du fret à une entreprise indépendante détenue majoritairement par l'Etat et une participation d'entreprises privées ou de tiers à CFF Cargo.

Complémentarité route-rail

La Chambre des cantons a finalement approuvé par 40 voix sans opposition la révision de la loi sur le transport de marchandises. Elle vise à développer ce marché de manière globale et complémentaire sur tout le territoire.

Le projet fixe comme objectifs le développement durable et la complémentarité des transports, la création d'installations adaptées à cette fin et auxquelles toutes les entreprises auront accès sans discrimination.

Les trains de marchandises ne devraient plus systématiquement passer derrière les trains de voyageurs. Le projet prévoit des plans d'utilisation du réseau afin de conserver les capacités nécessaires. 'La réforme permet une plus grande flexibilité du marché', s'est réjoui Georges Theiler (PLR/LU).

Une fleur pour Bâle

Les sénateurs ont fait un cadeau à Bâle en acceptant par 21 contre 19 une proposition de Claude Janiak (PS/BL), visant à réserver 40 millions, sur les 250 millions du crédit-cadre, pour investir dans les installations portuaires de la cité rhénane.

Le National avait également approuvé ce montant, mais avait précisé que le financement pour les installations de transbordement bâloises devrait être séparé.

Marchandises dangereuses

Le Conseil des Etats n'est pas revenu sur la réduction des risques liés au transport de marchandises dangereuses. Le Conseil national avait refusé de compléter le projet par des dispositions pour interdire le transport de chlore dans les agglomérations.

La commission compétente du Conseil des Etats vient de déposer un postulat sur le sujet. Le Parlement a reçu une pétition suite à l'accident de Daillens (VD) lors duquel 25 tonnes d'acide sulfurique se sont déversées sur les voies. Outre les dangers encourus, le déraillement avait paralysé le trafic durant une semaine environ.

/ATS
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