Les Etats-Unis ont espionné les trois derniers présidents français

Espionnage américain: Obama redit son engagement contre les écoutes

Photo: Keystone

Barack Obama a réitéré mercredi 'sans ambiguïté' son engagement à en terminer avec la pratique des écoutes. Il l'a dit à François Hollande alors que la classe politique française s'indignait de l'espionnage des trois derniers présidents en exercice par les Etats-Unis.

Le président français a appelé son homologue américain pour une 'mise au point sur les principes qui doivent gouverner les relations entre alliés en matière de renseignement', a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

Le président américain 'a réitéré sans ambiguïté son engagement ferme, intervenu en novembre 2013 après l'affaire Snowden, et déjà rappelé lors de la visite d'Etat de février 2014, d'en terminer avec les pratiques qui ont pu avoir lieu dans le passé et qui étaient inacceptables entre alliés', ajoute le texte.

M. Hollande avait rapidement réagi aux révélations de WikiLeaks en réunissant un conseil de défense et en recevant les principaux responsables du parlement. Il a décidé d'envoyer aux Etats-Unis le coordinateur du renseignement français, Didier Le Bret, pour faire le point avec les autorités américaines, alors que l'ambassadrice américaine à Paris, Jane Hartley, a été convoquée au Quai d'Orsay.

'Une surprise pour personne'

Dans un communiqué publié après le conseil de défense, l'Elysée a dénoncé des 'faits inacceptables'. Elle a appelé Washington à respecter 'strictement' les engagements pris par le passé. 'La France ne tolérera aucun agissement mettant en cause sa sécurité et la protection de ses intérêts', a-t-elle ajouté.

En clair: ces comportements passés des services américains sont connus et Washington s'est déjà engagé à y mettre fin. Une position confirmée par Manuel Valls, pour qui ces révélations ne constituent 'une surprise pour personne'.

Crise exclue

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a de son côté pris soin de préciser qu'il n'était aucunement question de rupture diplomatique. 'Ce qui s'est passé n'est pas acceptable mais ce n'est pas pour autant que l'on va entrer dans une crise', a-t-il affirmé.

La Maison Blanche a assuré que Washington n'écoute pas à l'heure actuelle les communications de M. Hollande, sans préciser les opérations qui auraient été menées dans le passé.

Selon les documents publiés par le journal Libération et le site Mediapart, les renseignements américains ont écouté, entre 2006 et 2012 au moins, les trois derniers présidents français: M. Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Ces notes évoquent des échanges entre responsables français, mais sans trahir de secrets d'Etat.

Une note du 22 mai 2012, dix jours après l'élection de M. Hollande, fait ainsi état de réunions secrètes pour étudier les conséquences d'une potentielle sortie de la Grèce de l'euro. Selon une autre, de 2008, M. Sarkozy jugeait être 'le seul' dirigeant à pouvoir régler la crise financière.

/ATS
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