Les bourses chutent, inquiètes pour la croissance mondiale

Les craintes concernant la croissance mondiale pèsent sur les marchés financiers. Plusieurs indicateurs suggèrent que le ralentissement chinois se précise, que l'économie américaine manque d'élan et que la reprise tarde à déployer ses effets en Europe.

Les Bourses européennes ont toutes clôturé en forte baisse vendredi. A Paris, l'indice CAC 40 a perdu 3,19%. Les Bourses de Londres et de Milan ont toutes deux cédé 2,83% tandis que Francfort a reculé de 2,95%. L'indice EuroStoxx 50 reculait de 3,17%, tandis que Wall Street suivait la tendance. En Suisse, le SMI a perdu 3,36%.

'La reprise aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, dans la zone euro et au Japon, sera contrebalancée par le ralentissement actuel en Chine, la croissance faible ou négative en Amérique latine et la Russie. Celle-ci se remet très progressivement de sa récession de l'an dernier', détaille dans une note Marie Diron, responsable de la politique de crédit à l'agence de notation Moody's.

Ampleur et vitesse inconnues

Principale inconnue, l'ampleur et la vitesse du ralentissement de la croissance chinoise, moteur ces dix dernières années de l'activité mondiale. La banque américaine Citi prévoit que la croissance de la deuxième économie mondiale 'restera certainement molle'. Une inquiétude avivée par l'annonce d'un nouveau recul de l'activité manufacturière en août, à son plus bas niveau depuis six ans, selon l'indice PMI de référence calculé par Markit.

Le FMI prévoit toujours une croissance de 6,8% cette année (contre 7,4% en 2014) mais de nombreux analystes doutent des chiffres officiels chinois. Le flou devrait perdurer 'au moins jusqu'à la fin de l'année', explique Nigel Green du cabinet de conseil deVere.

Ce ralentissement chinois pèse sur le marché des matières premières, dont les prix ont fortement baissé, pénalisant particulièrement les pays émergents, notamment d'Amérique latine.

'Douche froide'

Dans le même temps, l'Europe met du temps à prendre le relais de la croissance. 'Après un excès d'optimisme, c'est une petite douche froide', explique Jean-Louis Mourier, économiste du courtier Aurel BGC, avant de nuancer: 'ce n'est pas tant l'économie mondiale qui se dégrade que le contexte international qui ne s'améliore pas comme on l'espérait'. La croissance a légèrement ralenti au deuxième trimestre dans la zone euro à 0,3%, contre 0,4% premier trimestre.

Sur le long terme toutefois les perspectives sont plutôt encourageantes pour la zone euro. La croissance de l'activité privée s'est accélérée en août dans la zone euro, notamment grâce à l'Allemagne et malgré le ralentissement observé en France, selon une estimation publiée vendredi par Markit. L'indice PMI composite s'est élevé à 54,1 en août contre 53,9 en juillet.

'L'euro est sous-évalué et cela va aider à renforcer la reprise de l'économie européenne', estime Nigel Green. Il table aussi sur le prix du pétrole bas comme facteur positif pour les économies européennes. Les cours de l'or noir poursuivaient vendredi leur déclin approchant même du seuil des 40 dollars en Asie.

La Fed brouille les pistes

Autre facteur de pression sur les marchés financiers: les analystes semblent désorientés par la politique monétaire américaine. Dans le compte-rendu de leur dernière réunion, les responsables de la banque centrale des États-unis n'ont pas apporté les indications attendues par les marchés sur le moment où ils se décideraient à relever les taux. Une incertitude qui déplaît aux investisseurs.

/ATS
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