Les femmes veulent un contrôle des salaires

Les femmes veulent un contrôle des salaires

Photo: Keystone

Les salaires demeurent inégaux entre les sexes. Vingt-cinq ans après leur grève nationale, les femmes de l'Union syndicale suisse (USS) veulent que l'égalité salariale soit soumise à un contrôle obligatoire.

La situation n'a que peu évolué, estiment lundi les femmes de l'USS. A travail égal, les femmes restent en général moins payées que les hommes d'environ 15% en moyenne, et ce malgré la loi sur l'égalité entrée en vigueur il y a 20 ans.

Les moyens mis en place jusqu'à présent ne suffisent pas, de l'avis de l'USS. Pire: ils régressent. Ainsi le dialogue sur l'égalité des salaires entre les partenaires sociaux et l'Etat, lancé par Pascal Couchepin en 2009, a été abandonné en février 2014.

Les femmes de l'USS se battent pour que la loi sur l'égalité soit révisée et des contrôles réguliers des salaires instaurés. Le droit à l'égalité ne saurait continuer à être traité avec nonchalance, ont-elles souligné lors de la conférence de presse.

Contrôles réguliers

Dans le projet de révision de la loi, mis en consultation jusqu'en mars, le Conseil fédéral prévoyait que les salaires soient contrôlés tous les quatre ans dans les entreprises comptant au moins 50 employés. Mais ce projet a été chahuté. Il n'y a aucune garantie que le Conseil fédéral présente un message au Parlement, souligne Regula Bühlmann, secrétaire centrale de l'USS.

Selon elle, ces mesures sont un bon début, mais elles sont inoffensives, voire anodines. Les femmes de l'USS demandent un contrôle régulier des salaires sur le terrain. 'Ce n'est qu'ainsi que l'on parviendra à identifier les discriminations éventuelles', argumentent-elles.

L'effort qu'exigent ces vérifications est 'modeste, en comparaison avec l'objectif d'égalité salariale'. Des méthodes pratiques ont déjà été développées, notamment lors de l'enquête suisse sur la structure des salaires. 'Il suffit donc de procéder à la même analyse dans chaque entreprise pour identifier les éventuelles inégalités', souligne Mme Schärer.

Sanctions dissuasives

La responsabilité des vérifications ne doit pas être du ressort des entreprises. Elle doit revenir à la Confédération, poursuit Mme Bühlmann. La Confédération doit faire des contrôles sporadiques et sanctionner les employeurs qui n'adaptent pas les salaires des femmes.

Ces sanctions doivent être dissuasives. Les femmes de l'USS proposent notamment des amendes qui soient plus importantes qu'une compensation salariale.

Plaintes insuffisantes

Selon l'expérience des syndicats, les plaintes portant sur des inégalités salariales ne suffisent pas. Elles représentent un outil méritoire, mais ne peuvent pas remplacer les contrôles. La procédure est longue et conflictuelle, et constitue aussi un risque pour les femmes concernées, soulèvent les femmes de l'USS.

Selon elles, le Conseil fédéral n'a réalisé que de très timides avancées dans la révision de la loi sur l'égalité; les mesures facultatives n'ont pas rencontré de succès. De nombreux membres du Conseil national ne veulent pas de cette révision.

35 ans d'attente

Mardi, pour fêter les 25 ans de la grève nationale des femmes, ces dernières protesteront à nouveau contre le statu quo. Elles organisent dans plusieurs villes de Suisse 'des actions et des pauses de midi prolongées'. 'Nous descendrons dans la rue avec un message clair: des contrôles des salaires - maintenant, plus que jamais!', a dit Regula Bühlmann.

Le 14 juin 1991, près d'un demi-million de femmes avait défilé en Suisse. Dix ans après l'inscription dans la Constitution du principe de l'égalité des sexes, aucun acte 'impressionnant' n'avait changé la situation. 'Nous en avons ras-le-bol', avaient-elles alors déclamé.

Pour Elfie Schöpf, qui y avait participé, la grève de 1991 a favorisé une participation nettement plus importante des femmes à la vie politique. 'Sans elle, il n'y aurait pas eu de conseillère fédérale deux ans plus tard. Et pas de loi sur l'égalité entre femmes et hommes'. Mais pour que l'égalité soit effective, des efforts sont encore nécessaires.

'Une nouvelle grève serait super, mais nous sommes trop résignées. Nous nous laissons marcher sur les pieds', a-t-elle lancé.

/ATS
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