Les organisations suisses de consommateurs visent une indemnisation

Les organisations suisses de consommateurs visent une indemnisation

Photo: Keystone

Les associations de consommateurs ont entamé les négociations avec l'importateur Amag sur un accord-cadre d'indemnisation pour les propriétaires de véhicules VW dont le moteur est truqué. Sur le plan politique, le Conseil fédéral a répondu à plusieurs interpellations.

L'Alliance, qui regroupe la Fédération romande des consommateurs (FRC) et ses pendantes alémanique (SKS) et tessinoise (acsi), va envoyer d’ici fin de la semaine un projet d’accord-cadre d’indemnisation à Amag, le représentant officiel du groupe Volkswagen en Suisse, précise jeudi la FRC dans un communiqué.

Une première réponse est attendue d'ici fin novembre, après consultation du groupe Volkswagen.

Solution large

Le but est de prévoir diverses solutions de réparation et d’indemnisation pour les victimes de ce scandale. 'Nous recherchons un régime qui pourrait être développé à toute situation et évolue au fur et à mesure que les faits sont découverts', précise le secrétaire de la FRC Mathieu Fleury, joint par l'ats.

Cela permettrait aux clients lésés d'avoir 'des offres qui nous paraissent correctes, sans que nous signions pour les gens', prévoit-il, se félicitant de la volonté d'Amag 'd’aboutir et de retrouver la confiance des clients'.

Aux Etats-Unis, Volkswagen voulait proposer il y a dix jours à chaque automobiliste américain dont le moteur est truqué un bon d'achat de 1250 dollars (1266,88 francs au cours actuel). Une partie de cette somme serait utilisable uniquement chez les concessionnaires VW, et le reste pourrait être dépensé ailleurs.

Double scandale

Le géant automobile allemand aux douze marques a avoué fin septembre avoir équipé les moteurs diesel EA 189 de 11 millions de véhicules - parmi lesquels 180'000 en Suisse, dont 128'802 mis en circulation - d'un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution. Il devra les rappeler pour une remise aux normes.

Le scandale a pris un nouveau tour début novembre, avec l'aveu de tricheries en Europe sur le niveau des émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 800'000 voitures. Celles-ci, équipées de moteurs diesel mais aussi à essence, émettent plus de CO2 que stipulé dans leurs spécifications techniques.

Si le chiffre de 10'000 véhicules concernés par cette nouvelle tricherie a été évoqué pour la Suisse, le nombre définitif n'est pas encore connu a précisé à l'ats le porte-parole de l’Office fédéral des routes (OFROU) Thomas Rohrbach. Les résultats des enquêtes de l'autorité allemande du transport routier (KBA) sont encore attendus.

La FRC relève dans son communiqué qu'il a été convenu que les discussions avec Amag seraient étendues à ce nouveau volet du dossier.

Perte de valeur

Les modèles concernés par le scandale ont perdu 466 francs en valeur sur la plate-forme de comparaison en ligne Comparis. Le nombre quotidien d'annonces mises en ligne a chuté de 142 à 120. Quelque 8572 petites annonces faites du 24 juillet au 13 novembre ont été utilisées par Comparis pour mener cette analyse.

La FRC annonce en outre s’être rendue lundi à Bruxelles au Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) pour discuter de l’état du dossier avec ses partenaires européens. Il semble cependant que la situation se décante plus rapidement en Suisse, le BEUC rencontrant des difficultés à établir le contact avec le groupe VW.

Conseil fédéral interpellé

Au niveau politique, le Conseil fédéral a été prié de s'exprimer sur plusieurs points. Suite à une interpellation du conseiller national Beat Jans (PS/BS), il a dit savoir que les émissions des véhicules diesel d'autres marques étaient actuellement contrôlées à l'étranger.

'S'il s'avérait que d'autres constructeurs ont également manipulé les valeurs des gaz d'échappement, l'OFROU décidera de la suite de la procédure avec les autorités étrangères chargées de la réception et en informera le public', a précisé le Conseil fédéral.

Les Verts souhaitaient quant à eux savoir si les procédures de tests allaient être améliorées. Le gouvernement a expliqué vouloir adopter un nouveau cycle de conduite harmonisé au niveau international à l'automne 2017. Développé dans le cadre de la Commission économique des Nations unies pour l'Europe (CEE-ONU), il reflétera mieux les émissions en conditions réelles et rendra plus difficiles les manipulations.

/ATS
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