Mobilisation en masse des opposants à Notre-Dame-des-Landes

Mobilisation en masse des opposants à Notre-Dame-des-Landes

Photo: Keystone

Des diazines milliers de personnes ont manifesté dans le calme samedi contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Il s'agit de la première grande manifestation organisée depuis l'annonce d'un référendum sur ce sujet le 11 février.

Les manifestants étaient au nombre de 15'000 selon la police et 60'000 selon les organisateurs, soit au moins deux fois plus que le 9 janvier. Des opposants avaient alors bloqué le périphérique de Nantes pour protester contre les procédures d'expulsion d'habitants de la 'zone d'aménagement différé' (ZAD).

'Cette manifestation est importante pour montrer notre détermination et montrer aux politiques que nous sommes les plus nombreux', a lancé un porte-parole de la Coordination des opposants à l'aéroport, Dominique Lebreton. Il faisait allusion au référendum annoncé par le président pour trancher ce dossier vieux de près d'un demi-siècle.

Projet datant du général de Gaulle

'Nous avons le devoir de conserver ces terres et ces paysans pour produire l'alimentation de demain', a-t-il poursuivi, depuis un camion-tribune, avant de faire scander à la foule 'Vinci dégage!' Une filiale du groupe français de BTP, Aéroports du Grand Ouest (AGO), a été désigné concessionnaire du futur aéroport.

'Ce projet de référendum peut être une énième entourloupe qui a une apparence démocratique. Mais on ne fait pas un référendum sur un dossier mensonger depuis le début', a dénoncé pour sa part Françoise Verchère, coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (Cedpa), sur la route à quatre voies Nantes-Vannes noire de monde sur plusieurs kilomètres.

Présent lui aussi, l'eurodéputé écologiste José Bové a dénoncé un aéroport 'illégal et illégitime'. 'Ce projet, qui date du général de Gaulle, n'a plus aucun sens: on ne peut pas faire la COP 21 en France, puis construire Notre-Dame-des-Landes six mois plus tard', a-t-il lancé.

Menace de 'bétonnisation'

Les manifestants arboraient de grandes pancartes 'Paysans Oui, Avions Non'. Ils s'étaient donné rendez-vous aux deux extrémités de la 'ZAD', où doivent être construits les échangeurs qui relieront les principales voies d'accès à l'aéroport au 'barreau routier' desservant la zone, avant de converger vers un même lieu, sur la commune du Temple-de-Bretagne.

Une 'tour de guet' haute de dix mètres de haut a été érigée sur un des champs menacés par la 'bétonnisation' de la ZAD, selon l'une des principales associations d'opposants au projet.

A l'origine, la mobilisation de samedi vise à combattre l'expulsion des quinze derniers habitants historiques de la surface prévue pour l'infrastructure, qui ont vu leurs derniers recours rejetés par la justice fin janvier.

Nombreuses questions en suspens

Depuis cette décision, le président François Hollande a annoncé le 11 février l'organisation d'un référendum et le Premier ministre Manuel Valls a dit son souhait de lancer les travaux dès octobre en cas de victoire du 'oui'.

Mais ni la date, ni la question exacte, ni le périmètre (la Loire-Atlantique ou la région Pays de la Loire, voire la Bretagne) de cette consultation n'ont été tranchés.

En février 2014, au moins 20'000 personnes s'étaient rassemblées dans le centre-ville de Nantes pour dire non à l'aéroport, donnant lieu en parallèle à des violences et des dégradations.

/ATS
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