Nestlé avec un bénéfice et des ventes en recul en 2015

Nestlé en perte de vitesse en 2015

Photo: Keystone

Nestlé a manqué ses objectifs l'année dernière. Le géant vaudois de l'alimentation a vu son bénéfice net plonger de plus d'un tiers, à 9,1 milliards de francs. Son chiffre d'affaires a fléchi de 3%, à 88,8 milliards de francs, impacté par la force du franc.

La chute du bénéfice net, de 37% sur un an, s'explique par l'effet de la plus-value exceptionnelle générée par la cession en 2014 d'une partie de la participation dans L'Oréal ainsi que la réévaluation de la participation de Galderma, a indiqué Nestlé jeudi.

Les effets de change ont pénalisé le chiffre d'affaires global à hauteur de 7,4%. Le résultat opérationnel courant s'est contracté à 13,4 milliards de francs. Sa marge a perdu 20 points de base, à 15,1%, affectée elle aussi par le franc fort.

En 2015, le groupe, qui célèbre cette année ses 150 ans d'existence, a aussi fait face à un ralentissement de la croissance dans les pays émergents, en particulier la Chine. Il a également été particulièrement affecté par la baisse des ventes en Inde, suite au scandale des nouilles instantanées Maggi qui a nécessité un coûteux rappel de produits.

Croissance organique en dessous des attentes

La croissance organique, qui exclut les effets de change, les acquisitions et les cessions, a atteint 4,2%. Elle se situe en deçà des 4,5% fixés en octobre dernier par le groupe. La multinationale veveysanne manque quoiqu'il en soit son objectif à long terme de 5% à 6% de croissance organique pour la troisième année consécutive.

Concernant l'exercice en cours, Nestlé s'attend à un environnement commercial similaire aux années précédentes, avec une évolution des prix encore plus faible, a déclaré le directeur Paul Bulcke devant les médias réunis au quartier général du groupe à Vevey.

Ces objectifs qualifiés de prudents n'ont pas convaincu les investisseurs. A la Bourse suisse, l'action Nestlé a ouvert dans le rouge. Elle perdait encore plus de 3% en début d'après-midi, dans un SMI progressant de quelque 0,3% au même moment.

L'objectif à long terme de croissance organique de 5% à 6% n'est pas abandonné, mais il faut être réaliste, a estimé Paul Bulcke. L'année 2016 devrait connaître les mêmes turbulences et les mêmes incertitudes que 2015. Le premier trimestre 2016 devrait enregistrer une croissance modérée, selon lui.

Parts de marché gagnées

L'an dernier, les parts de marché ont été augmentées ou maintenues dans la majorité des secteurs et des régions, a relevé le directeur financier François-Xavier Roger. Les événements imprévus comme Maggi en Inde ont été absorbés, même si les ventes dans la région n'ont pas encore atteint le niveau d'avant, a-t-il noté.

Nestlé Waters, la division des eaux en bouteille, a vu ses résultats soutenus par les marques haut de gamme Perrier et San Pellegrino et les marques locales. Les ventes se sont élevées à 7,6 milliards de francs l'année passée, soit une croissance organique de 6,7%.

Le secteur nutrition a rapporté 10,5 milliards (+3,1%). Les 'autres activités' totalisent 14,1 milliards (+5,3%), avec une croissance solide pour Nespresso dans toutes les régions.

Par produits, les boissons et liquides demeurent en tête des ventes, avec 19,2 milliards de francs (+5,4% en termes organiques). La demande pour les produits nutrition et sciences de la santé (+4,4% à 14,8 milliards) a dépassé l'an dernier celle en produits laitiers et glaces et en plats préparés et produits pour cuisiner.

Présence en Suisse

Interrogé sur la présence du groupe en Suisse, Paul Bulcke a estimé à 20% l'impact des taux de change ces cinq dernières années. Quant aux décisions politiques du peuple suisse, notamment dans la perspective des prochaines votations fédérales, elles restent un souci, même si pour le directeur de Nestlé, les Suisses savent se rappeler que le succès de leur pays vient de son ouverture.

/ATS
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