Opep: statu quo en vue sur le plafond du cartel

Opep: le plafond de production est maintenu

Photo: Keystone

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé, comme attendu, de conserver son plafond de production collectif à 30 millions de barils par jour (mb/j), a confirmé vendredi le ministre du pétrole saoudien Ali al-Nouaïmi.

'Le plafond est le même. Vous seriez surpris de voir comme la réunion était amicale', a commenté le ministre à Vienne vendredi à sa sortie de la 167e réunion du cartel, qui pompe près d'un tiers du pétrole mondial. Les ministres des douze pays de l'Opep décidaient de leur objectif de production pour les six mois à venir.

Ce statu quo était largement attendu car la stratégie de l'Opep de ne pas baisser son objectif de production pour soutenir les cours en novembre dernier, afin de contenir l'offre hors-Opep et stimuler la demande, semble porter ses fruits.

Les cours du pétrole s'échangeaient à la hausse vendredi après l'annonce de la décision du cartel. En cours d'échanges européens, vers 13h40, le brent gagnait 33 cents à 62,36 dollars le baril, tandis que le WTI s'échangeait à 58,24 dollars le baril, en hausse de 24 cents.

Lors de sa dernière réunion le cartel avait conservé son plafond de production inchangé, à 30 millions de barils par jour (mbj), dans l'objectif de contenir la production des pays hors-Opep et de stimuler la demande. Le plafond du cartel est figé à ce niveau depuis plus de trois ans.

Pétrole iranien

Le ralentissement de la production de pétrole non conventionnel, comme le pétrole de schiste aux États-Unis et le pétrole de sable bitumineux au Canada, a été vu comme une victoire pour l'organisation.

L'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, a affirmé lundi que la stratégie du cartel de ne pas réduire sa production a porté ses fruits, car l'offre mondiale d'or noir commence à ralentir et la demande s'améliore. Les ministres irakien et koweïtien ont eux aussi constaté que le marché pétrolier s'améliorait.

Pourtant le marché demeure surapprovisionné: la Russie, le premier producteur mondial de brut, vise à maintenir sa production. L'Opep dépasse aujourd'hui son plafond, avec une production à 31,21 mbj en avril et les réserves de brut aux États-Unis atteignent des niveaux records.

De plus, si les sanctions internationales contre l'Iran sont levées en juin, le pays pourrait produire un million de barils de pétrole par jour supplémentaires dans les six mois qui suivent, selon le ministre iranien du Pétrole.

75 dollars minimum le baril

Si un baril à 62 dollars représente une amélioration notable pour les producteurs de pétrole, tous les membres de l'Opep ne sont pas prêts à se satisfaire de ce prix. Et plusieurs d'entre eux ont demandé un prix du pétrole 'raisonnable', entre 75 et 80 dollars le baril.

'Si le prix n'augmente pas à 77 dollars le baril, alors le budget du Koweït sera en déficit', a indiqué le ministre koweïtien Ali Saleh Al-Omair.

Le ministre angolais du Pétrole, José Maria Vasconcelos de Botelho, a mentionné qu'il serait satisfait avec un baril à 80 dollars. Le pays dont le pétrole représente 98% des revenus a en effet beaucoup souffert de la chute des cours. Les ministres irakien et vénézuélien du Pétrole ont également fait part de leur idée d'un prix équitable, qu'ils ont estimé entre 75 et 80 dollars.

'L'Opep a besoin d'un prix équitable, un prix qui ne serait pas nocif pour la croissance économique et qui permettrait aux investissements de continuer', a pour sa part noté Bijan Namdar Zangeneh, le ministre iranien du pétrole.

/ATS
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