Perspectives de reprise en demi-teinte après le choc du franc fort

Perspectives de reprise en demi-teinte après le choc du franc fort

Photo: Keystone

L'onde de choc causée par le franc fort devrait se poursuivre en 2016 de manière différenciée selon les secteurs. Si les exportations ont franchi le creux de la vague, une reprise générale n'est pas en vue. Le marché intérieur perdra de son élan, estime Credit Suisse.

La construction va sans doute stagner tandis que l'hôtellerie-restauration et l'industrie devraient connaître une évolution modérée, indique Credit Suisse dans son 'Moniteur des branches' publié jeudi. Une légère embellie est aussi à l'ordre du jour dans le commerce de détail.

Selon ses précédentes estimations, le numéro deux bancaire helvétique table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1% en 2016, contre 0,9% en 2015. En 2017, la progression pourrait s'accélérer et atteindre 1,5%.

Conséquence du franc surévalué, de nombreuses entreprises doivent encore restaurer leur compétitivité et prendre des mesures d'économie, ce qui freine les investissements. Et l'emploi s'en ressent. Credit Suisse anticipe un taux de chômage de 3,8% pour la fin 2016, après 3,7% affiché au terme de 2015.

Disparités sectorielles

Dans l'industrie, les chiffres d'affaires ont pâti des concessions importantes faites sur les prix. Or, dans le secteur alimentaire tout comme dans celui des métaux et des machines, la demande réelle a aussi diminué, relèvent les économistes de Credit Suisse.

L'année en cours se profile en demi-teinte, avec de fortes disparités selon les branches industrielles. Ainsi, pour la chimie et la pharma, la marche des affaires devrait rester plutôt positive. Par contre, le tourisme d'achat et le franc fort pénalisent toujours l'industrie alimentaire.

Au vu du repli des entrées de commandes l'an passé, l'industrie des machines peut espérer se stabiliser au plus tôt au cours du deuxième semestre 2016. La branche des métaux doit quant à elles s'attendre un nouveau tassement des recettes, même si moins marqué qu'en 2015.

Stagnation dans le bâtiment

Après des années de croissance, la construction a connu un exercice 2015 mitigé. En cause, la fin de certains grands projets de génie civil, les inquiétudes générées par l'initiative sur les résidences secondaires et la suroffre en surfaces de bureaux et de vente dans certaines régions.

En 2016, Credit Suisse mise sur une stagnation pour le bâtiment. En particulier, la demande de logements en propriété ne suffit plus à absorber l'offre, ce qui va grever les chiffres d'affaires des entreprises du secteur.

Quant au commerce de détail, les prix et les chiffres d'affaires ont chuté en 2015, mais devraient se stabiliser cette année. Le recul devrait aussi faiblir dans l'hôtellerie-restauration. Les importateurs d'automobiles ont quant à eux signé une année de ventes records, mais la demande arrive à saturation.

/ATS
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