Pirate de l'air éthiopien: condamnation à une mesure thérapeutique

Pirate de l'air éthiopien: condamnation à une mesure thérapeutique

Photo: Keystone

Le Tribunal pénal fédéral a condamné lundi à une mesure thérapeutique ferme le copilote éthiopien qui avait détourné un Boeing d'Ethiopian Airlines et atterri à Genève en février 2014. La défense plaidait l'acquittement pour irresponsabilité.

Agé d'une quarantaine d'années, l'homme répondait des accusations de séquestration, d'enlèvement et d'entrave à la circulation publique. Les juges du Tribunal pénal fédéral (TPF) ont ainsi suivi le Ministère public de la Confédération.

L'homme suit déjà une thérapie sous forme de mesure institutionnelle anticipée, à la prison de la Tuilière à Lonay (VD). Il n'était pas présent lundi à Bellinzone lors du verdict.

Mesures thérapeutiques

Le psychiatre qui a établi son expertise a parlé de schizophrénie et de paranoïa, évoquant la nécessité que l'homme soit placé 'plusieurs années en milieu fermé'. S'appuyant sur cette évaluation, l'accusation a souligné que le risque de récidive était élevé.

Par son comportement, il a mis en danger l'intégrité corporelle et la vie des passagers, a indiqué la juge dans son verdict. La menace était concrète, mais le co-pilote a tout entrepris pour poser l'appareil sans dommage en Suisse, a-t-elle toutefois souligné.

Les juges ont décidé de prendre des mesures thérapeutiques stationnaires. Celles-ci sont décrétées lorsqu'il y a un 'danger concret' que le coupable s'enfuit ou commette d'autres délits. Malgré des avis d'experts divergents sur certains points, la cour a estimé qu'il devait être traité dans un établissement idoine, désignant Genève comme canton responsable de l'exécution de la peine.

L'Ethiopien doit prendre en charge les frais du procès qui s'élèvent à 3000 francs. Il devra également régler les honoraires de son avocat, dès que sa situation financière le lui permettra. De plus, sa licence de pilote lui est retirée.

Asile politique

Profitant de l'absence du pilote de l'avion parti aux toilettes, le copilote s'était enfermé dans le cockpit. Il avait pris le contrôle de l'appareil pour le faire atterrir à Genève.

Une fois l'avion avec 202 personnes à bord immobilisé sur le tarmac genevois, le pirate de l'air était sorti du Boeing 757-300 par une des fenêtres du cockpit au moyen d'une corde et s'était immédiatement rendu à la police. Il avait expliqué être menacé dans son pays, qu'il était venu en Suisse pour demander l'asile politique.

'Je sais que ce que j'ai commis est un crime', a déclaré le copilote au tribunal lors des auditions. L'Ethiopien a également confirmé qu'il entend toujours demander l'asile politique en Suisse.

/ATS
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