Règles plus souples pour la publicité

Règles plus souples pour la publicité

Photo: Keystone

Le règlement pour autoriser la publicité des médicaments à la télévision et à la radio va être assoupli. Le contrôle préalable effectué jusqu'ici par Swissmedic tombera dans de nombreux cas. Un changement de pratique qui inquiète les associations de consommateurs.

L'allègement du règlement entrera en vigueur le 1er janvier 2017, indique la dernière lettre d'informations de Swissmedic. Désormais, pour la pub à la radio, à la télévision et au cinéma, seuls les médicaments remplissant deux critères seront soumis au contrôle préalable de l'Institut suisse des produits thérapeutiques.

D'une part, ils devront faire partie des groupes suivants: analgésiques, somnifères, sédatifs, laxatifs et anorexigènes. D'autre part, ces médicaments doivent présenter un risque de dépendance ou d'usage abusif mentionné dans l'information faisant l'objet de la publicité.

Par conséquent, les entreprises pharmaceutiques ne devront plus soumettre à Swissmedic leurs spots publicitaires pour des médicaments vendus en pharmacie après un bref conseil du pharmacien. Seront concernés par exemple les sirops contre la toux, les pastilles contre les maux de gorge, les gouttes pour le nez ou les oreilles, les produits contre la nausée ou les gels contre les piqûres d'abeilles.

Fausses promesses?

Le changement de pratique de Swissmedic est discutable, estime la directrice de l'organisation alémanique de défense des consommateurs (SKS), Sara Stalder. 'Le danger existe que l'on assiste à une prolifération des publicités diffusant de fausses promesses', indique-t-elle à l'ats. Le contrôle préalable par Swissmedic imposait jusqu'ici une certaine discipline à la branche.

En cas de publicité mensongère, les consommateurs peuvent certes s'adresser à la Commission suisse pour la loyauté. Mais celle-ci n'est qu'un organe de contrôle de la branche de la communication et ne peut émettre que des recommandations.

Traitements inutiles

Du côté de la Fédération romande des consommateurs, on estime de manière plus générale que les médicaments quels qu'ils soient restent des produits particuliers qui demandent un traitement particulier. L'usage abusif de thérapies inutiles ne devrait pas être encouragé, vu la hausse des coûts de la santé, rappelle son secrétaire général Mathieu Fleury.

Il ne faut donc pas favoriser la consommation par la publicité. Assouplir les règlements dans ce domaine n'est pas indiqué, estime M. Fleury.

50 cas annuels

Actuellement, Swissmedic examine chaque année une cinquantaine de pubs pour la radio, la télé et le cinéma. La nouvelle façon de faire se veut un pas vers une plus grande responsabilité des fabricants de médicaments.

Les produits disponibles uniquement sur ordonnance ne peuvent pas faire l'objet de publicité en Suisse. Tous les autres, oui. La pratique assouplie est déjà en vigueur depuis début 2014 pour les réclames sur Internet, dans les journaux ou sur les affiches.

A l'origine du changement de pratique, une décision du Tribunal administratif fédéral datée de 2013. Les juges ont considéré que le mode opératoire de Swissmedic était inapproprié.

Internet

Depuis, l'institut a décidé de lui-même d'élargir cette décision aux autres médias. Les citoyens se tournent désormais massivement vers Internet pour obtenir des informations sur des médicaments, relève Swissmedic. 'Un contrôle préalable dans les médias type radio, télévision et cinéma ne correspond donc plus à l'utilisation des médias par la population', fait-il valoir dans sa lettre d'informations.

Ce raisonnement est compréhensible, selon la SKS. Mais au lieu d'un assouplissement, on pourrait en tirer la conclusion inverse. Pour protéger les consommateurs, 'la publicité en ligne pour les médicaments devrait être régulée', estime sa directrice.

/ATS
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