Solar Impulse 2 dans l'attente d'un nouveau départ

Solar Impulse attend au Japon un nouveau départ vers un ciel dégagé

Photo: Keystone

Contraint à une halte imprévue au Japon, l'avion Solar Impulse 2 attendait mardi de reprendre les airs vers Hawaï, mais l'attente sur le tarmac de Nagoya pourrait se prolonger en raison d'une météo capricieuse. Le pilote André Borschberg cachait mal son impatience.

Les membres de l'équipe qui devaient le rejoindre avec un précieux abri pour l'avion hors normes étaient bloqués à l'aéroport de Shanghai... pour cause d'intempéries. De nombreux vols y étaient retardés ou annulés par de fortes pluies.

'Combat contre la montre. Nous attendons de construire le hangar mobile pour protéger Solar Impulse contre le mauvais temps', a écrit l'aventurier de 62 ans sur son compte Twitter, en remerciant une nouvelle fois les autorités japonaises pour leur accueil.

L'autre pilote suisse, Bertrand Piccard, a avoué depuis le centre de contrôle installé à Monaco qu'après l'atterrissage forcé à Nagoya, 'notre équipe a vécu des moments difficiles'.

'Une dizaine de personnes ont été obligées de tenir l'appareil de leurs propres mains pour l'empêcher de s'envoler tout seul', a expliqué le pilote suisse. La vitesse de décollage de cet avion, 'très léger et doté d'une immense surface, est de 45 km/h, donc, au moindre coup de vent, il peut être emporté', selon lui.

Solar passe pour un OVNI

L'appareil s'était envolé dimanche à 02h39 (20h39 samedi en Suisse) de Nankin, à l'est de la Chine, pour la plus périlleuse des étapes de son tour du monde destiné à promouvoir les énergies renouvelables, et en particulier l'énergie solaire.

Mais sa traversée du Pacifique, censée durer six jours et six nuits pour une distance de 8500 km, a tourné court quand la météo s'est dégradée, et l'avion a dû se poser lundi peu avant minuit (17h00 suisses à Nagoya au centre du Japon.

Avant l'atterrissage, des habitants ébahis ont cru voir un OVNI (Objet volant non-identifié), une vingtaine ayant même appelé la police ou les pompiers. Mardi, des curieux tentaient d'apercevoir l'insolite engin depuis un parc voisin.

Déçus mais combattifs

Cette escale impromptue ne remet pas en cause le projet, a cependant assuré M. Borschberg aux journalistes à son arrivée sur le sol nippon et déjà prêt à repartir. 'Quel vol ! Hâte de poursuivre cette aventure avec Bertrand Piccard', son binôme, a-t-il lancé aux internautes.

Déçue mais combative, l'équipe de Solar Impulse préférait retenir l'exploit accompli. 'Félicitations, André, pour ce vol fantastique', s'est-elle exclamé, ajoutant: '3265 km et 45 heures seul dans le ciel', 'le plus long vol solaire jamais réalisé à la fois en distance et durée'.

'Première partie dans le Pacifique accomplie. Impatient de continuer dès que le temps le permettra', a de son côté tweeté M. Piccard. Un peu plus tôt, il avait expliqué qu'il était plus sage de 'faire un atterrissage intermédiaire à Nagoya et de là, attendre que les conditions météo s'améliorent'.

'C'était le dernier endroit où on pouvait atterrir de manière sûre. Les petites îles ici et là dans le Pacifique ne sont pas du tout des solutions'. 'Le tour du monde n'avance peut-être pas aussi vite qu'on aimerait, mais on ne fait pas une course de vitesse. Le but, c'est d'y arriver', avait-il souligné.

En piste depuis le 9 mars

Solar Impulse 2, dont les ailes sont tapissées de plus de 17'000 cellules photovoltaïques, a une envergure de 72 mètres, soit plus que celle d'un Boeing 747, et un poids initial de 2,3 tonnes, allégé pour l'occasion.

Cet engin futuriste était parti le 9 mars d'Abou Dhabi pour un tour du monde de 35'000 kilomètres, à la fois défi technologique et exploit aéronautique. Il a ensuite fait escale au sultanat d'Oman, en Inde, en Birmanie, puis en Chine, où il est resté cloué au sol plus d'un mois en raison d'une météo défavorable.

Avant ce trajet Nankin-Nagoya, l'avion n'avait jamais volé aussi longtemps. 'Le rêve des ingénieurs est devenu réalité (...): Solar Impulse a pu passer sans encombre une nuit sans une goutte d'essence, se ressourcer au lever du soleil et aller de l'avant', s'est enthousiasmé Bertrand Piccard.

Dans sa cabine monoplace non pressurisée, le pilote André Borschberg est soumis à de rudes conditions, affrontant des altitudes himalayennes et variations de températures de 55 degrés.

/ATS
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