Theresa May jette les bases de sa politique industrielle

Theresa May jette les bases de sa politique industrielle

Photo: Keystone

La Première ministre britannique, Theresa May, a jeté mardi les bases de son plan destiné à adapter l'économie du pays à l'environnement post-Brexit. Il vise aussi à relancer une politique industrielle enterrée il y a 30 ans par Margaret Thatcher.

La nouvelle chef du gouvernement a présidé la première réunion de la commission interministérielle sur 'la stratégie économique et industrielle' dans ses bureaux du 10, Downing street. Onze autres ministres étaient également présents.

'La Première ministre a souligné que l'objectif de la nouvelle stratégie industrielle devait être de mettre sur pied une économie qui fonctionne pour tout le monde', a déclaré un porte-parole dans un communiqué publié après la réunion.

Selon ce même porte-parole, les ministres présents ont évoqué les moyens de soutenir l'activité dans tout le pays, dans les régions qui souffrent comme dans celles qui profitent de la mondialisation.

Enrayer le long déclin

A l'issue du référendum du 23 juin, qui a révélé les frustrations de nombre de régions frappées de plein fouet par la désindustrialisation, Theresa May a promis de venir en aide aux 'gens qui travaillent dur'.

Pour son gouvernement, le défi consiste à enrayer le long déclin du secteur industriel en portant secours aux entreprises mises à mal par la mondialisation. Le tout sans pour autant menacer la compétitivité britannique.

Une réduction de l'écart de compétitivité entre Londres et le sud-est de l'Angleterre d'une part et le reste du pays d'autre part pourrait entraîner une hausse de 9% de la production, a déclaré le ministre des Finances, Philip Hammond. Il s'exprimait lors de la réunion de mardi.

Vers l'avenir

Les ministres se sont mis d'accord sur le fait qu'il faudrait également 'créer une économie ouverte aux nouvelles industries, en particulier celles qui vont avoir une influence sur nos vies à l'avenir', selon le porte-parole du gouvernement.

Le volontarisme affiché pourrait donc être destiné à des fleurons historiques de l'industrie britannique, comme le constructeur automobile Jaguar Land Rover ou le groupe aéronautique BAE Systems. Des entreprises de nouvelles technologies seraient aussi concernées.

'Il ne s'agit pas de sélectionner quelques gagnants, mais plutôt de créer un environnement favorable', selon un ministre, qui a demandé à rester anonyme.

'Profiter des opportunités'

'Si nous devons profiter des opportunités offertes par le Brexit, il faut que notre économie toute entière soit exploitée', avait déclaré avant la réunion Theresa May, citée dans un communiqué.

'Il nous faut une véritable stratégie industrielle qui se concentre sur une amélioration de la productivité, qui récompense ceux qui travaillent dur par de plus hauts salaires, et crée plus d'opportunités pour que les jeunes gens, quel que soit le milieu dont ils sont issus, aillent aussi loin que là où leur talent les porte', avait-elle poursuivi.

L'Association britannique des fabricants (EEF), la principale fédération patronale de l'industrie britannique, a salué l'initiative de Theresa May. Cette dernière a pris la relève de David Cameron, il y a moins d'un mois, dans la foulée du référendum.

'Le simple fait que la nouvelle Première ministre préside ce comité, je crois, est un début de réponse à la faiblesse des deux précédents gouvernements, à savoir le manque de concertation et d'approche trans-ministérielle', a réagi le dirigeant de l'EEF, Terry Scuoler.

Deux dossiers

Dans l'immédiat, l'équipe de Theresa May a deux dossiers brûlants à traiter en matière de politique industrielle. Celui d'Hinkley Point, où doivent en théorie être construits deux réacteurs nucléaires de types EPR en fait partie.

A la surprise générale, le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il se donnait un délai de réflexion supplémentaire avant de confier - ou non - ce chantier géant au groupe français EDF avec la participation d'un investisseur chinois.

L'exécutif britannique doit aussi traiter le cas du groupe indien Tata Steel. Ce dernier a annoncé fin mars son intention de vendre la totalité de ses activités au Royaume-Uni, menaçant plusieurs milliers d'emplois.

/ATS
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