Une nouvelle votation évoquée par le PLR, le PBD et le PS

Une nouvelle votation évoquée par le PLR, le PBD et le PS

Photo: Keystone

Les Suisses pourraient voter sur les relations avec l'Union européenne (UE) si l'application de l'initiative contre l'immigration de masse met en danger les accords bilatéraux. PLR et PBD appellent à un nouveau scrutin, idée que le PS ne rejette pas.

Le projet du Conseil fédéral, en consultation jusqu'à jeudi, propose de mettre en oeuvre fidèlement l'article constitutionnel adopté par le peuple le 9 février 2014. Ce texte est incompatible avec l'accord sur la libre circulation des personnes signé avec Bruxelles.

Les plus hauts dirigeants de l'UE ont dit et redit qu'ils ne voulaient pas renégocier cette convention. Du coup, du côté des partis suisses, l'idée d'une nouvelle votation fait son chemin.

'Mauvais' projet de loi

C'est notamment le cas au PLR, qui change de cap. Alors qu'en février, le parti soutenait la volonté du Conseil fédéral d'appliquer strictement le texte de l'UDC, il juge désormais le projet de loi 'mauvais'. C'est du moins ce qu'a déclaré son président Philipp Müller dans une interview parue dimanche dans la SonntagsZeitung.

Du coup, s'il n'est pas possible d'introduire des contingents tout en maintenant les accords bilatéraux, le PLR veut un nouveau scrutin. Ce dernier proposerait un choix entre 'une application stricte, qui signifie la fin des accords bilatéraux I, et une mise en oeuvre qui justement les sauve.'

Le PLR veut serrer la vis

Le PLR a déjà préparé une option compatible avec l'Union européenne (UE). Son document s'axe notamment sur la lutte contre les abus de la libre circulation des personnes (LCP), et vise une restriction de l'immigration des pays tiers ainsi qu''une application rapide et cohérente dans le domaine de l'asile'. Rien qu'en mettant fin aux abus, la colère populaire diminuerait, estime Philipp Müller.

Le PBD veut lui aussi organiser une nouvelle votation, comme il le disait déjà en février, jugeant que le projet du Conseil fédéral ne permet pas de réduire l'afflux d'étrangers et met en péril les accords bilatéraux. Autant l'adhésion à l'UE que l'isolement constituent des dangers à éviter. Le peuple suisse doit donc clarifier sa position sur les Bilatérales.

Votation 'prévisible' pour le PS

Pour le PS, une votation populaire 'prévisible' devrait porter à l'avenir sur le maintien des accords avec Bruxelles. Le parti à la rose souhaite que ce scrutin traite en sus d'une extension des relations avec l'UE.

La réduction de l'immigration, voulue par le souverain helvétique, se fera avant tout par des mesures ciblées sur le marché du travail interne. Les socialistes réitèrent leur revendication salariale: les travailleurs actifs en Suisse doivent toucher des revenus suisses.

Le PDC pour les crèches

Le PDC veut, lui aussi, 'absolument conserver la voie bilatérale avec l'UE' tout en prenant la volonté populaire au sérieux. La solution passe d'après lui par l'introduction d'une clause de sauvegarde dans la loi sur les étrangers.

Le PDC continue de préconiser une meilleure exploitation du potentiel de la main-d'oeuvre indigène. Il prône notamment une politique familiale qui simplifie le quotidien des femmes actives professionnellement, par le biais d'horaires continus dans les écoles, du télétravail et de la promotion de l'accueil extra-familial des enfants.

L'UDC s'exprimera mardi lors d'une conférence de presse.

Contingents dès quatre mois

Le Conseil fédéral propose de généraliser les contingents d'étrangers à partir de quatre mois de séjour. Il ne fixe pas d'objectif précis de diminution de l'immigration afin de pouvoir réagir aux besoins de l'économie et à la conjoncture.

Les quotas s'appliqueront aussi aux frontaliers et aux personnes obtenant l'asile, sous réserve des obligations internationales de la Suisse. Pas question en revanche de limiter le regroupement familial en rétablissant le statut de saisonnier.

La préférence nationale à l'embauche sera examinée au cas par cas, sauf pour les professions connaissant une pénurie avérée de main-d’oeuvre et pour lesquelles on se contentera d'un examen sommaire. Une autre variante prévoit de ne retenir la priorité indigène que lors de la détermination des contingents.

/ATS
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