Varoufakis plaide pour une Europe démocratique à Interlaken

Varoufakis plaide pour une Europe démocratique à Interlaken

Photo: Keystone

L'ancien ministre grec des Finances Gianis Varoufakis a soutenu mercredi à Interlaken (BE) son idée d'un mouvement politique global en Europe. Il faut des 'réponses communes' à des 'problèmes communs', a-t-il plaidé lors du 14e Symposium des Alpes.

M. Varoufakis avait repris il y a une année le ministère grec des Finances dans le gouvernement d'Alexis Tsipras et combattu plusieurs mois les mesures d'économies. Il a démissionné en juillet 2015. A l'heure actuelle il fait la promotion du 'Democracy in Europe Movement 2025', qu'il lancera avec ses soutiens le 9 février à Berlin.

Chaque pays européen vit une crise, a souligné Gianis Varoufakis devant les médias, y compris la Suisse qui lutte contre les conséquences du franc fort. Mais tous oublient que les causes de ces crises sont les mêmes: il n'y a donc pas 'plusieurs crises différentes, mais une seule', a-t-il résumé.

Celle-ci est en 'lien étroit' avec l'organisation anti-démocratique de l'Union européenne (UE) et de ses institutions, d'après M. Varoufakis. Il considère que l'UE pâtit de rapports de forces déséquilibrés: le Parlement est beaucoup trop faible et les partis s'organisent de toute manière au niveau national.

La politique avant l'économie

Le mouvement de M. Varoufakis ne consiste pas en un regroupement spécifique de la gauche, a-t-il précisé. Il est ouvert à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ses fondements, au premier rang desquels la primauté de la politique sur l'économie.

L'économiste a évoqué devant les participants au symposium des épisodes de son mandat de ministre. Un politicien européen de haut rang lui a par exemple confié, début 2015, qu'il était clair que le programme d'aide à la Grèce - alors en cours - ne pouvait fonctionner. 'Mais il m'a dit: 'nous nous y sommes engagés, alors on s'y tient. Et pour votre crédibilité, vous devriez faire de même''.

Sa plus grande déception alors qu'il était en fonction est probablement le fait qu'il n'a jamais eu l'occasion de mener une discussion économique fondée avec ses homologues de l'Eurogroupe. 'Il ne s'agissait que de stratégies, d'alliances et de tactiques'.

L'ex-conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a également participé au symposium. La socialiste genevoise a rappelé que l'Europe n'est pas à l'abri de crises, comme le montre la question des réfugiés qui divise l'Europe entre l'est et l'ouest.

Elle a estimé, à l'instar de Gianis Varoufakis, qu'il y avait un déficit de démocratie au sein de l'UE. Les relations de la Suisse avec l'Europe n'en demeurent pas moins 'de la plus haute importance' selon elle. Se référant à son expérience, elle a jugé crucial qu'une base de confiance demeure et que les nombreuses questions ouvertes soient débattues 'en contact permanent'.

/ATS
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