La presse s'interroge sur le nouveau patron de Swisscom

BERNE - La presse suisse estime samedi "logique" ou "inévitable" la démission du patron de Swisscom. En Suisse alémanique, les journaux sont sceptiques face au choix de son successeur. Pour le "Tages Anzeiger", la nomination de Carsten Schloter est une "erreur de casting".Le quotidien zurichois estime qu'en tant qu'Allemand, M. Schloter peut difficilement se mêler au débat politique pourtant si important pour l'avenir de Swisscom. En conséquence, son chef fera défaut à l'entreprise lors de la campagne de votation sur la privatisation.La "Neue Zürcher Zeitung" relève le même handicap. Jens Alder "aurait pu apporter une contribution de poids" dans la perspective de cette votation. Pour le "Bund", M. Schloter "sera moins pointu" dans le débat politique.L'"Aargauer Zeitung" souligne que le nouveau chef de Swisscom dirigeait les télécommunications mobiles du groupe. A ce titre, il a soutenu le modèle que le Conseil fédéral a rejeté, écrit le journal. Donner une nouvelle direction à l'entreprise lui posera un problème de crédibilité.Le "St-Galler Tagblatt" voit dans cette continuité un plus pour l'entreprise. C'est ce dont elle a vraiment besoin après les turbulences des dernières semaines. Sous une perspective inversée, la "Basler Zeitung" estime que "ce changement n'est pas dommage" dans la mesure ou Swisscom n'était certainement pas aussi innovative que Jens Alder voulait le faire croire.En Suisse romande, les journaux s'attachent moins aux questions de personnes qu'au contexte politique. "Le Temps" relève certes que Carsten Schloter "au sens commercial aiguisé, est bourré d'idée". Mais il "lui manque une seule chose: le pouvoir de déplacer la date des élections fédérales", car "les députés s'apprêtent à utiliser le dossier Swisscom à des fins électorales"."L'Impartial" et "l'Express" annoncent que "les grandes manoeuvres commencent" autour de la nouvelle stratégie impliquant un désengagement de l'Etat. "Le débat parlementaire, voire la campagne référendaire, verront s'affronter des positions maximalistes".Pour "24 heures", "le départ de M. Alder ne change rien à la donne objective, ne résoud pas le dilemme du Conseil fédéral, ne fournit à Swisscom aucune stratégie salvatrice". Le commentateur s'interroge: "que peut faire son successeur à la tête d'une société censée privilégier le service universel tout en maximisant ses profits?"."La Tribune de Genève" veut, elle, expliquer "comment en est-on arrivé là?". Et elle souligne que "l'affaire Swisscom restera comme le plus flagrant dysfonctionnement du gouvernement actuel". /ATS
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