Manifestation en faveur des ouvriers à Reconvilier (BE)

BERNE - Quelque 500 personnes ont réitéré à Reconvilier (BE) leur soutien aux ouvriers de l'usine Swissmetal Boillat. Elles voulaient aussi rappeler au reste de la Suisse que ce conflit n'est pas réglé même s'il ne fait plus les gros titres.En mettant sur pied cette manifestation, politique et festive à la fois, le collectif de soutien au personnel de la Boillat a voulu montrer que la situation n'est pas apaisée malgré la reprise du travail. "Notre lutte n'est pas terminée", a lancé à la foule moins dense que lors des précédentes manifestations le porte-parole des ouvriers Nicolas Wuillemin."Notre grève qui pour le moment n'est que suspendue pourrait bien continuer si telle était la volonté des ouvriers", a ajouté M. Wuillemin lors de la partie officielle de la manifestation. Un durcissement du conflit n'est donc pas exclu à l'approche d'une semaine cruciale avec la reprise de la médiation."Nous n'avons obtenu aucune de nos revendications", a ajouté le leader charismatique du mouvement, aujourd'hui licencié. Mais l'un des moments les plus émouvants a été le témoignage de deux enfants, Sandro 13 ans et Loana 15 ans. "Je veux éviter qu'il y ait d'autres familles détruites comme la mienne", a déclaré la jeune fille dont le père a été licencié."La région n'acceptera pas qu'un financier allemand détruise son tissu industriel", a affirmé Maxime Zuber, membre du comité de soutien aux manifestants, 700 selon les organisateurs et 350 selon la police. Le maire de Moutier a qualifié Martin Hellweg, directeur général de Swissmetal, de "taliban de l'économie".M. Zuber a une nouvelle fois dénoncé l'attitude du Conseil fédéral, qui dit ne pas pouvoir intervenir dans ce conflit. Le député au Grand Conseil a aussi déploré qu'il n'existe pas une disposition pour permettre à l'Etat d'agir contre "l'exercice abusif de la propriété".Présent à Reconvilier, le conseiller national Joseph Zisyadis (POP/VD) a lui aussi fustigé les autorités fédérales. "Je rêve d'un gouvernement qui arrête de s'aplatir devant les financiers du capitalisme", a-t-il expliqué avant de lancer le désormais célèbre slogan "La Boillat vivra, la Boillat vivra".Vice-président du Parti socialiste suisse (PSS), Pierre-Yves Maillard a rappelé l'importance pour les ouvriers de la Boillat de rester unis. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.