Affaire Clearstream: de Villepin a été entendu par deux juges

PARIS - Le Premier ministre français Dominique de Villepin a été entendu à Paris par deux juges lors d'une audition exceptionnelle sur l'affaire Clearstream de dénonciations calomnieuses. Ce scandale avait ébranlé le sommet de l'Etat.Les magistrats cherchaient à déterminer ce qui a amené le chef du gouvernement a faire secrètement enquêter sur des faux listings attribués à l'institution financière luxembourgeoise Clearstream. Ceux-ci mettaient en cause de prétendus bénéficiaires de commissions occultes sur des ventes de frégates à Taïwan, en particulier son grand rival Nicolas Sarkozy.L'audition du Premier ministre au pôle financier du Palais de Justice a duré pendant plus de 5 heures avant une pause déjeuner, et a repris moins d'une heure plus tard. Elle devait se poursuivre probablement jusque dans la soirée.Une telle procédure ne connaît qu'un seul précédent dans l'histoire française récente, lorsque le socialiste Lionel Jospin avait été entendu pour une affaire de financement illégal de son parti au début des années 1990.Le statut de simple "témoin" signifie qu'aucune charge ne peut être retenue contre M. de Villepin pour l'instant. Toutefois, comme dans toute instruction, le statut de témoin peut évoluer en fonction de l'appréciation des juges vers d'éventuelles poursuites.Les juges devraient notamment tenter de savoir pourquoi M. de Villepin, pour mener une première enquête sur les faux listings, a fait appel en secret à un ancien expert du renseignement français, le général Philippe Rondot, qui dépendait hiérarchiquement du ministère de la Défense.Le 9 janvier 2004, M. de Villepin organise une réunion avec le général Rondot et son ami Jean-Louis Gergorin, à l'époque vice-président du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, qui a reconnu être le "corbeau" dans cette affaire.Le nom de M. Sarkozy a été cité au cours de cette réunion, selon les notes du général Rondot publiées fin avril et début mai dernier par Le Monde. Et Dominique de Villepin, désigné comme "DdV" dans ces notes du général Rondot aurait prononcé cette phrase consignée par le militaire: "si nous apparaissons, le président (Jacques Chirac) et moi, nous sautons". /ATS
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