Allemagne: le SPD, en crise, se choisit un nouveau président

BERLIN - Le SPD se donne un nouveau président, Matthias Platzeck. Les sociaux démocrates allemands tentent de règler leur crise afin de poursuivre les négociations sur la future coalition. Selon les observateurs, l'Allemagne est dans une vraie "pagaille" politique. Surpris lundi par la décision de Franz Müntefering de démissionner de son poste de président du parti, le SPD a réagi en désignant mardi soir Matthias Platzeck à sa succession. Agé de 51 ans, M. Platzeck est actuellement à la tête du Land de Brandebourg. Après avoir été officiellement investi à la tête du parti, M. Platzeck devra ensuite être confirmé à son poste lors du prochain congrès du SPD. Cette réunion est agendée au 14 novembre. M. Platzeck incarne un changement de génération et de style au sein du SPD. Originaire de l'ex-Allemagne de l'Est, le ministre-président du Brandebourg présente l'avantage de diriger depuis 2002 une coalition avec les chrétiens-démocrates de la CDU dans son Land. Il est jugé capable de calmer les appréhensions de l'aile gauche du SPD sans effrayer les éléments centristes, tout en faisant les compromis nécessaires pour régner à Berlin avec la droite. Mercredi, le SPD a ajouté à l'incertitude en déclarant qu'Andrea Nahles, malgré son élection par le bureau fédéral, ne deviendrait pas secrétaire générale mais vice-présidente du parti. Face à cette situation, la future chancelière a tenté de calmer le jeu. "Je sens le désir au sein du SPD de poursuivre les discussions sur la formation d'une 'grande coalition'. Je pense toujours que nous allons conclure avec succès", a-t-elle affirmé. Ces remous politiques ont fait les choux gras de la presse. Le tabloïd "Bild" évoquait mercredi "la république bananière d'Allemagne", tandis que le quotidien conservateur "Die Welt" moquait "la grande confusion" dans laquelle virait "la grande coalition". Pour le "Berliner Morgenpost", le flou actuel pourrait conduire à l'organisation de nouvelles législatives, même s'il s'agit d'une option risquée. "Personne ne sait si de nouvelles élections faciliteraient les relations (entre les partis)", écrit le journal. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.