Après la sécurité, Ségolène Royal s'attaque aux 35 heures

PARIS - Ségolène Royal a lancé un nouveau pavé dans la mare socialiste. Elle s'est attaquée aux 35 heures de travail, après des propositions sur la sécurité qui gênent son parti mais séduisent l'opinion.Sur son blog intitulé "Désirs d'avenir", elle s'en est pris à la mesure-phare du gouvernement de Lionel Jospin, votée en 1998, jugeant son bilan "mitigé en termes de qualité de vie".Les 35 heures ont certes permis de créer quelque 350'000 emplois mais ont entraîné "un spectaculaire assouplissement du droit du travail" et "une flexibilité accrue", avec comme "résultat non voulu" une "dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés", juge Ségolène Royal."La proportion des salariés en horaires flexibles est passée de 10% à 40%, soit plus que les salariés américains. Pour ceux-là, les rythmes de travail ont été intensifiés, les amplitudes horaires étendues", déplore la députée."Chez Michelin (numéro un mondial des pneumatiques), les cadres ont bénéficié de jours de congé supplémentaires et les ouvriers sont venus travailler le samedi", note-t-elle.Ces critiques contrastent avec l'avant-projet de son parti pour la présidentielle, favorable à une généralisation des 35 heures à tous niveaux, et interviennent alors que la direction du PS doit boucler mardi le projet final.Un député socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, l'a accusée "d'assassiner" les 35 heures. Veut-elle être "candidate des socialistes ou contre les socialistes ?", s'est-il demandé. Le député européen Benoît Hamon a lui appelé Mme Royal à "arrêter de jeter des bombes".Mais alors que le patronat accuse surtout le système des 35 heures d'être rigide et coûteux, "c'est par le flanc gauche" que Ségolène Royal l'attaque, en mettant l'accent sur les inégalités qu'il engendre, relève le quotidien économique "Les Echos".Celle qui s'impose depuis des mois au fil des sondages comme la candidate socialiste préférée des Français pour la présidentielle de 2007 a déjà secoué son camp la semaine dernière avec des propositions controversées sur la délinquance.Elle a prôné un "encadrement militaire" pour les jeunes délinquants, des "internats scolaires" pour "recadrer" les collégiens perturbateurs, des stages pour les parents défaillants, ou encore une possible mise sous tutelle des allocations familiales.Beaucoup de "camarades" du PS ont tiré sur elle à boulets rouges. Mais elle affirme se placer "sur le terrain des gens qui souffrent" et estime que "la droite n'a pas le monopole de la sécurité". /ATS
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