Ariel Sharon quitte le Likoud et crée son propre parti

JÉRUSALEM - Ariel Sharon a bouleversé la donne du jeu politique en Israël en rompant avec son parti Likoud et en créant une nouvelle formation centriste. Il entend se présenter sous ses couleurs lors de législatives anticipées. En quittant sa formation, l'ancien général, qui a demandé au président Moshe Katsav de dissoudre la Knesset et de convoquer des élections, pourrait se libérer des contraintes que lui a imposées l'aile droite de son mouvement dans la quête d'un accord de paix avec les Palestiniens. A 77 ans, il tente peut-être le plus grand pari de sa carrière politique et militaire. Ses implications vont bouleverser le paysage politique israélien et, partant, la donne diplomatique au Proche-Orient. Traditionnellement fondée sur le bipartisme, la carte politique sera désormais composée de trois blocs: le parti de M. Sharon (centre-droit), le Likoud (droite nationaliste) et les travaillistes (centre-gauche). Mais les sondages montrent que la réussite du "coup de poker" de M. Sharon est incertaine. Elle passera en effet par une victoire face à des formations politiques bien établies lors des législatives anticipées, qui pourraient avoir lieu en mars. Malgré son recentrage, Ariel Sharon n'a donné aucun signe laissant anticiper une inflexion de sa position à l'égard des Palestiniens. Lors de son premier discours après sa démission, il s'est seulement engagé à continuer de soutenir la mise en oeuvre de la "Feuille de route". Il a aussi déclaré que le nouveau parti, baptisé Responsabilité nationale (Ahrayout leoumit en hébreu), oeuvrerait à l'établissement de frontières définitives entre Israël et les Palestiniens "tout en insistant sur le démantèlement des organisations terroristes". Le Premier ministre a dit avoir quitté le Likoud "après beaucoup de tergiversations" mais annoncé qu'il avait été rejoint dans sa démarche par 14 "personnes courageuses", dont il n'a pas précisé les noms. Selon le journal "Haaretz", M. Sharon chercherait, dans le cadre d'un troisième mandat et d'un projet d'accord de paix avec les Palestiniens, à évacuer des implantations juives isolées en Cisjordanie tout en y maintenant les plus grandes enclaves. Les Palestiniens craignent de le voir fixer unilatéralement une frontière suivant le tracé de la "clôture de sécurité" en cours de construction qui empiète sur la Cisjordanie. /ATS
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