Côte d'Ivoire: le gouvernement tombe sur l'affaire des déchets

ABIDJAN - Le gouvernement ivoirien a démissionné mercredi soir. Ce retrait fait suite au déversement de substances chimiques toxiques dans les parages d'Abidjan, qui a fait trois morts et rendu malades quelque 1.500 personnes.Lors d'une réunion extraordinaire dans la capitale politique Yamoussoukro, Le Premier ministre par intérim, Charles Konan Banny, a présenté la démission de son gouvernement au président Laurent Gbagbo, qui l'a acceptée. "La situation est très grave. C'est pour cela que je remets entre vos mains la démission du gouvernement", a dit M.Banny."J'accepte la démission de votre gouvernement mais je vous demande de gérer les affaires courantes et je vous donne rendez-vous demain au palais présidentiel pour former un nouveau gouvernement," a déclaré M.Gbagbo à son Premier ministre, lors d'une rencontre à laquelle un correspondant de Reuters a assisté."A quelque niveau que ce soit(...), que celui qui est coupable soit débusqué et sanctionné. Il faut savoir quelle est la nature du mal. Nous ne pouvons pas rester indifférents. Nous ne pouvons pas croiser les bras", a ajouté le chef de l'Etat.Le procureur de la République, Raymond Tchimou, a annoncé que trois personnes associées à l'entreprise responsable du déchargement du navire avaient été arrêtées. "Tous ceux qui ont eu connaissance de ce problème et qui ont laissé faire seront aussi poursuivis", a-t-il assuré.Les déchets toxiques, qui contenaient du sulfure d'hydrogène, ont été déversés par un bateau battant pavillon panaméen le 19 août dernier dans le port d'Abidjan, puis transférés dans au moins huit endroits de la ville.Des médecins ont fait état de centaines d'intoxications, caractérisées par des nausées, des troubles digestifs et des douleurs pulmonaires.Dans la journée de mercredi, des groupes de jeunes gens en colère ont bloqué plusieurs rues d'Abidjan pour dénoncer le déversement de ces déchets toxiques. Le gouvernement a demandé aux manifestants de laisser passer le personnel médical et la police est intervenue par la suite par des tirs de gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser.L'absence d'informations sur ces intoxications - un quotidien ivoirien a titré sur le "Tchernobyl ivoirien" - explique le mouvement de colère de groupes de jeunes gens qui ont bloqué les accès à certains hôpitaux."Nous ne savons pas ce que nous devons soigner (...) Nous devons savoir de quoi il s'agit pour être en mesure de donner des traitements appropriés", a déclaré un médecin. Le gouvernement a fait appel à une aide internationale pour analyser cette substance et mettre en place un programme de décontamination.Mercredi soir, la France a annoncé qu'elle apporterait une aide d'urgence pour lutter contre cette pollution environnementale et sanitaire, qu'elle a qualifiée de "catastrophe majeure". /ATS
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