Darfour: Tchad et Soudan sur la voie de la normalisation

TRIPOLI - Le président soudanais Omar Hassan al Bachir et son homologue tchadien Idriss Déby sont convenus mercredi de redoubler d'efforts dans la mise en oeuvre d'un accord conclu l'an dernier pour mettre un terme aux violences le long de leur frontière commune, a déclaré à Tripoli un conseiller du premier. Ils se sont entretenus en Libye.Majzoub al Khalifa, conseiller de M. al Bachir, a expliqué que l'accord avait été scellé lors d'une réunion des dirigeants du Soudan, du Tchad, de Libye et d'Erythrée pour tenter de ramener la paix au Darfour, en proie à une guerre civile depuis février 2003."Ce qui est sorti de cette réunion, c'est la normalisation des relations entre le Soudan et le Tchad, la consolidation de la mise en oeuvre du précédent accord de Tripoli et le retour à une vie normale pour les deux pays", a-t-il expliqué, ajoutant qu'un "mécanisme d'observation" serait mis en place pour veiller à l'arrêt de la contrebande d'armes.Le conflit du Darfour, qui a fait 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés, a débordé sur le Tchad voisin, aggravant les tensions ethniques et provoquant un afflux de réfugiés.Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a fait pression sur le Tchad et le Soudan pour qu'ils surmontent leurs divergences dans le cadre des efforts internationaux menés pour un retour à la paix dans cette région de l'ouest du Soudan.En février 2006, dans le cadre de l'accord de Tripoli, MM. al Bachir et Déby s'étaient engagés à mettre un terme à la crise en empêchant les rebelles des deux pays de prendre position sur leurs territoires respectifs et à renoncer à toute forme de propagande l'un envers l'autre.En novembre, les deux chefs d'Etat sont convenus de redoubler d'efforts pour normaliser leurs relations. Or N'Djamena continue d'accuser le Soudan de soutenir les raids transfrontaliers menés par les milices djandjaouides et d'armer la guérilla tchadienne, ce que Khartoum dément.Les discussions de Tripoli, qui se sont déroulées en présence du président érythréen Isaias Afewerki, visaient à inciter la coalition rebelle du Front de rédemption national (NRF) à se rallier à l'accord de paix conclu en mai 2006 par Khartoum et une faction de l'ancien Mouvement de libération du Soudan (MLS).Les divisions entre factions rebelles du Darfour ont contribué à retarder un accord de paix crédible avec le gouvernement soudanais. L'une des principales factions a déploré mercredi de ne pas avoir été invitée aux discussions organisées en Libye et les a dénoncées comme une comédie.Le cycle des violences au Darfour n'a été enrayée que par une gigantesque opération humanitaire que ses responsables jugent de plus en plus menacée. Washington parle de génocide, terme que les gouvernements européens hésitent à employer et que Khartoum rejette.M. al Bachir s'est opposé jusqu'ici au déploiement de casques bleus pour épauler les 7000 soldats de l'Union africaine déployés dans la région. /ATS
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