Emeutes en France: Chirac reste ferme - état d'urgence prolongé

PARIS - Le gouvernement français a adopté un projet de loi prolongeant pour 3 mois l'état d'urgence pour enrayer les violences dans les banlieues. Le président Jacques Chirac a en outre affirmé lors d'une allocution que la justice serait "sans faiblesse". "Nous répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France", a déclaré M. Chirac, dans une déclaration solennelle à la Nation. "La justice a été saisie, elle fera toute la lumière, elle sera sans faiblesse", a ajouté le chef de l'Etat, critiqué pour son silence depuis le début des violences le 27 octobre. "Chacun doit savoir qu'on ne viole pas impunément la loi", a-t-il ajouté. Le président de la République s'exprimait quelques heures après l'adoption en conseil des ministres d'un projet de loi prolongeant pour 3 mois l'état d'urgence, instauré le 8 novembre en vertu d'une loi de 1955 datant de la guerre d'Algérie. Ce texte sera examiné mardi et mercredi par le parlement. L'état d'urgence autorise les préfets à instituer des couvre-feux, décrétés jusqu'à présent dans une quarantaine d'agglomérations, notamment Nice, Lyon ou Le Havre. Les rassemblements menaçant l'ordre public peuvent aussi être interdits. Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a justifié cette décision par "la gravité et l'extension à de nombreux centres urbains" des violences "dirigées sans distinction contre les personnes et les biens". Il sera toutefois possible de mettre fin à l'état d'urgence avant l'expiration des 3 mois, a-t-il ajouté. M. Copé a évoqué "un certain apaisement" dans les banlieues mais il a estimé que la situation restait "préoccupante". Dans la nuit de dimanche à lundi, 284 véhicules ont été incendiés, contre 374 la veille, dont plus des deux tiers en province. Les violences perdurent notamment à Toulouse et à Lyon. Pour M. Chirac, "ces événements témoignent d'un malaise profond. Il a par ailleurs évoqué le "poison" des discriminations "qui sapent les fondements même de notre République". Il a également annoncé la création d'un "service civil volontaire, associant accompagnement et formation", pour "mieux aider les jeunes (...) à aller vers l'emploi". Par ailleurs, la justice a ordonné la remise en liberté d'un policier placé en détention provisoire après son inculpation pour des coups portés à un jeune homme dans la banlieue nord de Paris. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.