Emeutes en France: le gouvenement instaure l'état d'urgence

PARIS - Le couvre-feu dans les banlieues françaises en ébullition a été officiellement décidé pour douze jours. Le président Jacques Chirac a jugé cette décision nécessaire alors que la France a connu une douzième nuit de violences urbaines. Le décret portant application de la loi du 3 avril 1955, datant de la guerre d'Algérie, a été présenté mardi en conseil des ministres extraordinaire par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Il devait débuter dès mardi minuit jusqu'au 20 novembre inclus et pourra être prorogé si nécessaire. Ce texte confère aux préfets des "compétences renforcées pour assurer le maintien de l'ordre", notamment celle d'"imposer un couvre-feu pour prévenir les violences urbaines", précise le compte-rendu du conseil des ministres. Selon Nicolas Sarkozy, des perquisitions seront possibles à tout moment au domicile de particuliers lorsqu'il y aura "suspicion" de détention d'armes, sans passer par un mandat judiciaire. Ce décret a été pris alors que les violences se sont poursuivies dans de nombreuses banlieues: 1173 véhicules ont été brûlés, majoritairement en province, et la police a procédé à 330 interpellations. Le directeur général de la police nationale a cependant estimé que "l'intensité des violences était en baisse". Lors d'un débat sur la crise des banlieues à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Dominique de Villepin a tenu à prévenir les Français: "Nous faisons face à des individus déterminés, à des bandes structurées, à de la criminalité organisée, qui ne recule devant aucun moyen pour faire régner le désordre et la violence". "Rétablir l'ordre prendra du temps", a-t-il ajouté. Il a en outre annoncé un nouveau tour de vis dans la lutte contre l'immigration clandestine "car un certain nombre de déséquilibres sociaux vient de la persistance d'un flux insuffisamment maîtrisé d'immigration clandestine". Mais il perçoit aussi dans cette crise "un avertissement et un appel". Il a demandé notamment que tous les jeunes de moins de 25 ans habitant dans l'une des 750 zones urbaines sensibles soient reçus dans des maisons de l'emploi pour se voir proposer une formation, un stage ou un contrat. Il souhaite en outre le déblocage de 100 millions d'euros pour les associations en 2006 et veut créer une agence de la cohésion sociale et de l'égalité des chances. /ATS
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