France: dizaines de milliers de jeunes dans les rues contre le CPE

PARIS - Quelque 80'000 à 120'000 étudiants et lycéens français ont défilé en France contre le Contrat première embauche (CPE). Les manifestations ont parfois été émaillées de heurts, marquant une escalade dans l'épreuve de force avec le gouvernement.A Paris, le cortège a réuni au moins 30'000 personnes. Des incidents ont éclaté en milieu d'après-midi lorsque des jeunes, le visage masqué, ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.De Rennes à Marseille, de Bordeaux à Strasbourg, les manifestants ont exigé le retrait du CPE, accusé d'imposer la précarité aux jeunes, et que rejettent aussi syndicats et partis de gauche.La participation globale était nettement plus importante que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens. Au moins 80 000 personnes ont manifesté, selon la police, et plus de 120 000 selon les organisateurs.Selon le principal syndicat étudiant, l'Unef, 64 des 84 universités étaient en grève jeudi. Le ministère de l'Education nationale faisait état, à la mi-journée, de 21 universités totalement bloquées et de 37 autres perturbées.Pour Guillaume, 21 ans, "le CPE ça veut dire qu'il faudra que j'habite chez ma mère quand je commencerai à travailler parce que je ne sais pas si on me licenciera ou non au bout de deux ans".Les manifestations étaient organisées à l'appel du collectif-jeunes anti-CPE, qui regroupe une quinzaine d'organisations dont l'Union nationale des étudiants de France (Unef) et la FIDL et l'UNL, syndicats lycéens. La mobilisation devrait culminer samedi avec les grands syndicats et dix partis de gauche qui ont appelé à descendre dans la rue.La conférence des présidents d'université (CPU), réunie à Nantes, s'est montrée solidaire: "les présidents d'universités partagent l'inquiétude des étudiants sur leur avenir", a déclaré la CPU.Le Premier ministre Dominique de Villepin, a réaffirmé qu'il était ouvert au dialogue pour "améliorer" son texte, à l'origine de deux mois de contestation étudiante et syndicale.Le CPE est un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans, assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans motiver sa décision. Le gouvernement veut en faire un instrument de lutte contre le chômage des jeunes. Les opposants au CPE dénoncent une précarisation accrue du travail. /ATS
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