France: Villepin prône la prolongation de l'état d'urgence

PARIS - Le premier ministre français Dominique de Villepin a défendu la prolongation de trois mois de l'état d'urgence suite aux émeutes dans les banlieues. La gauche a critiqué cette mesure. L'Assemblée nationale tranchera en soirée. La situation reste "difficile dans un grand nombre de quartiers", a déclaré M. de Villepin. "Nous ne pouvons pas accepter que plus de 200 voitures continuent de brûler chaque nuit". "J'ai proposé au président de la République la prorogation de la loi de 1955 pour trois mois", a noté le premier ministre. "C'est une mesure de précaution qui permet au préfet de disposer des instruments nécessaires au rétablissement de l'ordre si les circonstances l'exigent". De son côté, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy a jugé cette prolongation "nécessaire". Selon lui, rien n'est encore définitivement acquis malgré un "retour progressif au calme". Malgré cette accalmie sur le terrain, le gouvernement a approuvé lundi un projet de loi prolongeant de trois mois l'état d'urgence, qui a permis d'imposer des couvre-feux dans une quarantaine de villes. Le texte doit être examiné mardi soir à l'Assemblée nationale, où le parti au pouvoir de l'UMP est majoritaire. Le groupe UDF (centre) de l'Assemblée nationale votera en faveur du projet de loi, a annoncé un porte-parole. "Nous ne ferons pas obstacle à ce texte même si ça suscite des interrogations très fortes. Nous serons extrêmement vigilants sur les conditions d'application de cet état d'urgence". En revanche, le groupe socialiste a annoncé qu'il votera contre le projet de texte. "On n'a pas besoin de faire une loi d'exception dans la durée. Les lois de la République suffisent pour ramener l'ordre", a expliqué le député Jean Glavany. Le Parti communiste s'est aussi dit hostile au projet. Ce débat à l'Assemblée intervient alors que la police fait état d'un retour à une situation "quasi-normale" sur le terrain. Signe de cet apaisement, Dominique de Villepin s'est rendu mardi matin à Aulnay-sous-Bois, une des villes de la banlieue parisienne les plus touchées par les émeutes qui ont éclaté le 27 octobre. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.