Irak: les violences entre sunnites et chiites se poursuivent

BAGDAD - Les violences ont continué entre sunnites et chiites en Irak après l'attentat contre la grande mosquée chiite de Samarra. Le président irakien, le Kurde Djalal Talabani, s'est employé à calmer l'ensemble de la population.Alors qu'on a recensé plus de 130 morts en vingt-quatre heures d'affrontements interconfessionnels, M. Talabani a souligné, lors d'une conférence de presse télévisée, qu'une guerre civile "n'épargnerait personne".Il a tenu ces propos après avoir rencontré les principaux dirigeants des factions politico-religieuses du pays, à l'exception notable de la principale alliance sunnite, le Front de la concorde.Celui-ci a boycotté la rencontre et suspendu sa participation aux laborieux pourparlers pour la formation d'un gouvernement d'union nationale.Le Front de la concorde, qui a raflé l'essentiel des suffrages des sunnites lors des législatives de décembre dernier, a exigé des excuses des chiites qui dominent le pouvoir avant de consentir à reprendre les négociations sur la formation du gouvernement.Le Conseil des moudjahidines, organisme qui regroupe des activistes sunnites sous la direction d'Al Qaïda, a mis en cause pour sa part le gouvernement irakien dirigé par le chiite Ibrahim Djaafari et l'Iran. Il menace de riposter aux "agressions" contre les sunnites.Les principales autorités religieuses sunnites ont formulé des critiques inhabituellement vives à l'encontre du grand ayatollah Ali Sistani. Celui-ci avait invité, tout aussi inhabituellement, les fidèles chiites à manifester leur colère - avec modération - après la destruction du dôme de Samarra.De sources militaire et policière, on a décompté plus de 130 victimes, majoritairement sunnites, dans la vague de violence provoquée par l'attentat dans les régions de Bagdad et Bassorah, les deux principales villes du pays.Des dizaines de mosquées sunnites ont été notamment attaquées. A l'inverse, dans un village au sud de Bagdad, 47 personnes, des sunnites et des chiites revenant d'une manifestation de protestation contre l'attentat de Samarra, ont été abattues à un barrage par des hommes armés et leurs corps ont été jetés dans un fossé.Près de Samarra, une journaliste irakienne de la chaîne Al Arabia et deux membres de son équipe ont été enlevés et tués dans une embuscade alors qu'ils revenaient d'un reportage sur les lieux de l'attentat. /ATS
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