Le Hamas réitère son refus de reconnaître Israël

MOSCOU - Le Hamas a réitéré à Moscou son refus de reconnaître l'Etat d'Israël tant que ses frontières ne seront pas définitivement fixées. Le mouvement radical est ainsi resté sourd aux demandes formulées par des responsables russes."Cela signifierait la négation du peuple palestinien, de ses droits, de ses biens, de Jérusalem et des lieux saints ainsi que la négation du droit au retour" (des réfugiés de 1948), a déclaré Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du mouvement."Donc, la reconnaissance d'Israël n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il déclaré à Reuters, répondant ainsi au ministre russe des Affaires étrangères Sergueïl Lavrov. Ce dernier avait appelé la veille le Hamas à reconnaître l'Etat juif comme interlocuteur, a endosser les accords d'Oslo et à renoncer au recours aux armes.Abou Marzouk a fait valoir que les accords conclus par les Palestiniens avec Israël avant la victoire électorale du Hamas, le 25 janvier, ne précisaient pas les frontières de l'Etat juif."J'ai tendu aux responsables russes une feuille de papier vierge et leur ait demandé de me tracer la carte de l'Israël qu'ils veulent que je reconnaisse. Personne n'a été en mesure de le faire", a-t-il dit.Considéré comme une organisation terroriste en Occident - mais pas en Russie - le Hamas est en quête de légitimité internationale après sa victoire aux législatives.La visite a été bien accueillie aussi du côté de Washington, qui a jugé "utile" la rencontre du Hamas avec M. Lavrov et s'est félicité du fait que Moscou ait rappelé "clairement" au mouvement palestinien les demandes du Quartette de médiateurs pour le Proche-Orient.La victoire électorale du Hamas a marqué un "fiasco total" de la diplomatie américaine au Proche-Orient, a déclaré pour sa part l'ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov, qui est aussi un spécialiste reconnu du monde arabe.Ce succès a mis en exergue "un fiasco total des tentatives américaines d'exporter la démocratie au Proche-Orient", a affirmé M. Primakov, qui a également dirigé la diplomatie russe.Il a jugé que l'Occident commettait une "erreur" en continuant de traiter le Hamas comme une organisation terroriste, en lui demandant de reconnaître formellement Israël et en cherchant à "l'affaiblir financièrement", comme Washington en a l'intention. /ATS
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