Le Premier ministre du Timor Oriental a démissionné

DILI - Le premier ministre du Timor oriental Mari Alkatiri a démissionné de son poste, pour ne pas "envenimer" la situation explosive dans le pays. La crise n'est toutefois pas résolue et la désignation de son successeur risque d'être compliquée.Des centaines d'habitants ont salué dans la joie l'annonce de la démission du très controversé chef du gouvernement, en espérant un retour rapide à la normale après des semaines de tension dans la rue et de crise au sommet des institutions de la jeune nation, la plus pauvre d'Asie.Engagé dans un bras de fer avec le chef de l'Etat Xanana Gusmao, M. Alkatiri a expliqué devant la presse s'être résigné à quitter le pouvoir "afin d'éviter la démission de son excellence le président de la République". Il a pris cette décision après "avoir longuement réfléchi sur la situation actuelle du pays (...) et en endossant (sa) part de responsabilité dans la crise qui affecte le pays".Un peu plus tard, la présidence a confirmé avoir reçu la lettre de démission du premier ministre, celle-ci devenant effective dès ce lundi. Le chef de l'Etat charismatique Xanana Gusmao, ancien guérillero indépendantiste, avait mis jeudi dans la balance sa propre démission s'il n'obtenait pas celle de son premier ministre.Le premier ministre a été largement mis en cause après les émeutes qui ont éclaté en mai à la suite de violents accrochages au sein de l'armée. Les pillages et les combats n'ont pris fin qu'avec le déploiement d'une force d'intervention de 2700 hommes sous commandement australien, qui a désarmé l'armée et la police.Le ministre des affaires étrangères démissionnaire José Ramos-Horta n'a de son côté pas exclu la possibilité de diriger le futur gouvernement. "Je ne veux pas devenir premier ministre mais je le ferai si toutes les parties importantes me le demandent", a déclaré le prix Nobel de la paix 1996.Le Timor oriental s'était enfoncé dimanche dans une grave crise politique: le Fretilin, d'inspiration marxiste, avait en effet infligé un camouflet à M. Gusmao en décidant de maintenir en poste M. Alkatiri. Cette décision avait immédiatement entraîné la démission de José Ramos-Horta et du ministre des transports Ovidio de Jesus Amaral, ainsi que d'un vice-ministre de la santé. /ATS
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