L'état d'urgence décrété et le Parlement investi aux Fidji

SUVA - L'état d'urgence a été décrété aux îles Fidji et le Parlement investi mercredi par les militaires, au lendemain du coup d'Etat qui a renversé sans effusion de sang le gouvernement élu du petit archipel du Pacifique Sud. Le Premier ministre Laisenia Qarase, victime du coup d'Etat, a lui déclaré qu'il était toujours le dirigeant officiel du pays.L'état d'urgence est entré en vigueur mardi soir, peu après l'annonce par le chef de l'armée, le contre-amiral Voreqe Bainimarama, qu'il avait pris le contrôle du pays à l'issue du quatrième coup d'Etat que connaissent les îles en moins de 20 ans, a indiqué le ministère de l'Information.Mercredi matin, l'armée fidjienne a par ailleurs investi le Parlement, a constaté un journaliste de l'AFP. Une quarantaine de soldats ont pénétré dans le Sénat, qui débattait du budget, et exigé le départ des élus.Les militaires se sont depuis installés dans l'édifice parlementaire. La Chambre basse du Parlement n'était elle pas réunie, ayant achevé ses sessions la semaine dernière. Le chef de l'armée avait déjà annoncé que le Parlement serait dissous."J'assume avec beaucoup de réticence l'autorité sur le pays et, par conséquent, décrète l'état d'urgence", a indiqué le numéro un de l'armée dans sa déclaration de mardi soir. "L'objectif premier du gouvernement militaire est (...) de débarrasser le pays de la corruption", a-t-il ajouté, peu après avoir annoncé le renversement de M. Qarase.Le contre-amiral a également annoncé la mise en place d'un cordon militaire autour de la capitale Suva et évoqué la possibilité d'instaurer un couvre-feu en cas de besoin.Mercredi matin, une centaine de militaires ont également encerclé les quartiers généraux de l'unité tactique de la police, menaçant de pénétrer de force dans l'édifice.Les policiers, et en particulier le préfet de police Moses Driver, ont accepté sous la contrainte de quitter les lieux et d'accompagner les soldats aux quartiers généraux de l'armée, a indiqué une source policière. Le préfet Driver avait refusé mardi de se soumettre à l'armée, condamnant le coup d'Etat. Les policiers avaient déjà été désarmés par l'armée, dès lundi.M. Qarase a lui annoncé que des milliers de Fidjiens allaient s'élever pacifiquement contre les putschistes. "Je n'ai pas démissionné, je ne démissionnerai pas et, légalement, je suis toujours le Premier ministre" du pays, a-t-il déclaré à la télévision australienne.M. Qarase, qui avait auparavant appelé son peuple à "se battre pour notre démocratie" par des moyens pacifiques, s'est dit convaincu que son appel serait entendu. /ATS
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