L'exode des étrangers du Liban s'accélère

BEYROUTH/BERNE - L'exode des étrangers du Liban s'est accéléré. Une dizaine de milliers d'entre eux ont déjà fui le pays depuis le week-end. Mais pour ceux qui n'ont pas pu encore monter sur un bateau, l'exaspération commençait à se manifester.Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s'est refusé mercredi en fin d'après-midi à donner des indications sur les opérations d'évacuation des ressortissants suisses.Selon des informations diffusées mardi soir, seuls 15 d'entre eux avaient quitté le pays depuis la veille, s'ajoutant aux 130 ayant fui ce week-end via la Syrie. Quelque 400 Suisses souhaitent encore quitter le Liban.Le DFAE, qui tente de placer des ressortissants suisses sur les bateaux affrétés par les autres pays, a également réservé un navire pour vendredi. De son côté, le Département fédéral de la défense (DDPS) examine les possibilités d'un engagement de l'armée suisse lors de ces évacuations, a indiqué à l'ATS un porte-parole du DDPS.Des centaines d'Occidentaux coincés au Liban depuis le début de l'offensive israélienne s'impatientaient mercredi devant la lenteur des évacuations, a rapporté l'agence AFP."C'est dégoûtant !", crie une femme, empêchée par des gardes libanais de pénétrer dans le centre d'exposition de Beyrouth, près du port, où les employés des consulats du Canada, d'Australie et d'Allemagne enregistrent leurs concitoyens."Ils ont eu cinq jours pour se préparer. Pourquoi sommes-nous encore coincés ici?", s'indigne un homme, entouré par des centaines de personnes dans l'attente.Un bateau de croisière transportant 1059 Américains a néanmoins appareillé de Beyrouth dans l'après-midi pour Chypre. Il s'agit de la première évacuation de masse par mer de ressortissants américains depuis le début de l'offensive israélienne.Les Etats-Unis ont également dépêché neuf navires de guerre qui ont mis le cap sur le Liban pour rapatrier les Américains vivant dans ce pays, dont le nombre total, avant les premières évacuations, était évalué à quelque 25 000.En outre, trois ferries transportant près de 1500 Britanniques et d'autres Européens sont arrivés à Chypre mercredi, tout comme un navire de guerre britannique avec à son bord 170 "cas médicaux prioritaires". Deux autres bâtiments de la marine britannique, pouvant chacun emmener 500 passagers, devaient participer aux évacuations de la journée.Aussi avec l'aval des autorités israéliennes, trois cents Français et autres Européens embarquaient mercredi sur la frégate Jean de Vienne et 1000 autres devraient monter à bord d'un ferry. "Mercredi, 20 bateaux vont pouvoir quitter le Liban, contre sept mardi et deux lundi", a précisé un responsable militaire israélien.Un bateau norvégien transportant 1100 personnes a effectué le trajet de Beyrouth au port chypriote de Larnaca, ainsi qu'une frégate grecque qui évacuait 270 personnes, pour la plupart des Grecs et des Chypriotes grecs.Une centaine de Norvégiens ont regagné Oslo mercredi à bord d'un avion en provenance de Damas, portant à 487 le nombre de ressortissants du pays scandinave rapatriés depuis lundi.Le bâtiment militaire grec Ikaria, d'une capacité de 1000 places, devait quant à lui rallier dans l'après-midi la capitale libanaise pour emmener essentiellement des non-Grecs.D'autres étrangers continuaient à quitter la zone de guerre en car en direction des aéroports syriens, malgré des routes très endommagées par les tirs.Plusieurs milliers d'autres étrangers attendaient en outre de pouvoir fuir le Liban. C'est le cas de près de 3000 Allemands qui patientaient mercredi à Beyrouth tandis que plus de 700 ont déjà été évacués à ce jour.De leur côté, un millier de Danois vivant au Liban s'étaient regroupés dans la capitale syrienne, tandis qu'environ 3000 de leurs compatriotes ont déjà été évacués depuis dimanche. /ATS
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