Liban: les manifestants campent dans le centre de Beyrouth

BEYROUTH - Des centaines de partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah campaient dans la nuit de vendredi à samedi dans le centre de Beyrouth après une gigantesque manifestation qui a réuni des centaines de milliers de personnes réclamant la démission du gouvernement. Les manifestants ont installé des tentes près de la place des Martyrs dans le centre de la capitale et dans les rues menant au siège du gouvernement.Le Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, réclame la démission du gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, qu'il présente comme un auxiliaire fantoche des Etats-Unis. Les dirigeants antisyriens qui contrôlent le cabinet accusent le mouvement islamiste chiite et ses alliés de préparer un coup de force. Saad al Hariri, dirigeant sunnite antisyrien, a assuré que les manifestations ne feraient pas chuter le gouvernement.Les manifestants avaient bloqué vendredi dans la soirée les accès au complexe gouvernemental où étaient retranchés M. Siniora et la plupart de ses ministres mais ils se sont ensuite dispersés après des discussions entre des dirigeants de l'opposition et des diplomates arabes, a rapporté une source au sein de l'opposition. "Le gouvernement a entendu notre message", a précisé cette source.Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui dispose d'une forte influence dans la région, a assuré le gouvernement libanais du soutien de son pays, a indiqué le cabinet de M. Siniora. Bien que l'origine de la crise soit politique, de nombreux Libanais craignent qu'elle ne dégénère en affrontements entre les différentes communautés. Une forte tension règne entre sunnites et chiites et les chrétiens sont divisés.Le Hezbollah a revendiqué une "divine victoire" dans sa guerre contre Israël en juillet-août au Sud-Liban et reproche au gouvernement Siniora ne pas l'avoir soutenu. Six ministres d'opposition ont démissionné le mois dernier et le gouvernement a encore été affaibli par l'assassinat, le 21 novembre, du ministre chrétien antisyrien Pierre Gemayel.Le camp majoritaire antisyrien accuse l'opposition de vouloir la chute du gouvernement pour faire échouer un tribunal international chargé de faire la lumière sur l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, dans lequel beaucoup voient la main de Damas. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.