Marée noire aux Philippines: une "bombe à retardement"

NUEVA VALENCIA - Greenpeace a envoyé un navire participer aux opérations de nettoiement de la nappe de pétrole qui souille les côtes du centre des Philippines après le naufrage d'un pétrolier. Elle a qualifié cette pollution de "bombe à retardement" écologique."L'Esperanza" devait poser l'ancre "pour aider les garde-côtes philippins à contenir et atténuer les effets de cette nappe de pétrole dévastatrice", a indiqué l'organisation dans un communiqué.Des experts britanniques sont également arrivés sur les lieux pour évaluer les besoins des autorités, selon une porte parole de la société Petron Corp qui affrétait le pétrolier naufragé.Au total près de 190'000 litres se sont déversés dans la mer entre les îles centrales de Panay et de Guimaras (environ 460 km au sud de la capitale, Manille), souillant plus de 200 km de côtes.Le Solar I, qui transportait 2 millions de litres, a sombré par 900 mètres de fond pour une raison encore inconnue. Dix-huit membres d'équipage avaient été secourus mais deux sont toujours portés disparus.Les Philippines, qui ne disposent pas de l'équipement nécessaire pour renflouer l'épave, ont lancé mercredi un appel urgent à l'aide internationale pour lutter contre la pire marée noire de leur histoire. Sollicités, le Japon et l'Indonésie n'ont pas encore répondu.Pour Greenpeace, cette pollution constitue une "bombe à retardement" écologique. "Plus le pétrolier reste au fond de la mer, plus le danger est élevé", a averti Von Hernandez, directeur des campagnes de l'ONG pour l'Asie du Sud-Est.Manille redoute un désatre écologique en particulier dans la réserve marine de l'île de Taclong, au sud de celle de Guimaras, qui jouit d'une flore marine exceptionnelle.Selon le représentant de Greenpeace, 1000 hectares de mangroves et 26 hectares de réserves marines autour du secteur sud-ouest de Guimaras ont d'ores et déjà été touchés.Une fois que l'hydrocarbure s'incruste, il "recouvre toute forme de vie", a expliqué Von Hernandez. "Cela pourrait prendre des années avant que les mangroves ne s'en remettent (...) Certaines zones pourraient ne jamais revivre", a-t-il ajouté. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.