Nicaragua: Ortega la bête noire des USA, favori des présidentielles

MANAGUA - L'ex-guerillero Daniel Ortega va tenter pour la 3e fois dimanche de regagner la présidence qu'il avait perdue il y a 16 ans. Cette élection constitue une nouvelle manche dans le duel d'influence en Amérique latine entre George W. Bush et Hugo Chavez.Les derniers sondages donnent une large avance au leader sandiniste, crédité de 30% à 34% des voix. Il devance largement les deux candidats de droite, Eduardo Montealegre de l'Alliance Libérale Nicaragueyenne et Jose Rizo de parti libéral constitionnaliste, ainsi qu'un dissident sandiniste, Edmundo Jarquin.Pour gagner, Daniel Ortega doit obtenir au premier tour 35% des voix avec cinq points d'avance sur le concurrent arrivé deuxième, alors qu'il reste environ 15% d'indécis parmi les 3,6 millions d'électeurs inscrits. Un deuxième tour, face à une droite unie, serait sans doute fatal au leader du Front Sandiniste de Libération nationale (FSLN).L'avantage de Daniel Ortega peut toutefois se retourner le jour des élections comme en 1990, 1996, et 2001, rappelle le directeur de l'institut de sondage Cid Gallup, Fred Denton.Le secrétaire général de l'organisation des Etats américains (OEA) Jose Miguel Insulza s'attend à un "scénario de résultat serré". La mission d'observateurs de l'OEA est la plus grande jamais déployée dans un processus électorale.Comme dans la plupart des élections récentes en Amérique latine (Bolivie, Equateur, Perou, Mexique), la lutte d'influence entre les Etats-Unis, d'une part, et les régimes vénézuelien et cubain, d'autre part, s'inscrit en toile de fond. Au Nicaragua, elle a pris la forme d'un chantage sur l'aide américaine ou d'une promesse de pétrole venézuélien à bas prix.Le secrétaire américain au commerce Carlos Gutierrez ne s'est pas gêné pour affirmer sa "préoccupation". "Quand les sandinistes sont au pouvoir, les relations sont limitées et détériorées", a-t-il affirmé.Dans le palmarès des menaces, la palme est revenue à Ed Royce et Peter Hoekstra. Dans une lettre à la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, ces deux élus du Congrès ont estimé qu'une victoire d'Ortega "forcerait (Washington) à réévaluer complètement les relations avec le Nicaragua concernant toutes les formes d'assistance y compris les envois d'argent" des 500'000 Nicaraguayens vivant au Etats-Unis. /ATS
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