Nicaragua: Ortega revient au pouvoir sous de nouveaux augures

MANAGUA - Le sandiniste Daniel Ortega devait prendre ses fonctions de président du Nicaragua. Ce retour au pouvoir - perdu il y a 16 ans - se fait sous le signe de la modération.Les cérémonies officielles à Managua devaient avoir lieu à 23h00 suisses. Elles ont été précédées d'un coup de théâtre: le président américain George W. Bush qui avait tout fait pour empêcher l'élection de M. Ortega, ancienne "bête noire" des Etats-Unis, lui a téléphoné lundi "pour le féliciter" et annoncer sa disposition à la coopération entre les deux pays.Le nouveau mandat de l'ancien révolutionnaire qui, à 61 ans, a changé son image pour devenir un apôtre de la réconciliation, devait s'ouvrir par un rassemblement politiquement hétéroclite de 14 chefs d'Etat ou de gouvernement, et de 61 délégations de haut niveau d'Amérique, d'Asie, d'Europe et d'Afrique.Parmi les personnes invitées figuraient les amis anti-américains de Daniel Ortega comme les présidents du Venezuela, Hugo Chavez, et de Bolivie, Evo Morales, ou encore le Premier ministre libyen Mustafa el Qarubi. Le mentor de Daniel Ortega, le président cubain Fidel Castro s'est fait excuser pour cause de maladie.Les dirigeants les plus pro-américains d'Amérique latine avaient également été conviés, tels que les présidents Alvaro Uribe, de Colombie, et Felipe Calderon, du Mexique. Les Etats-Unis ont envoyé le sous-secrétaire d'Etat pour les Affaires continentales Thomas Shannon et le secrétaire à la Santé Michael Leavitt.Elu pour cinq ans, le nouveau président d'un des pays les plus pauvres du continent latino-américain devra, sur le plan intérieur, composer ou trouver des alliances avec un parlement qui lui est défavorable et doté de nouveaux pouvoirs de contrôle sur l'exécutif.M. Ortega, dont le régime (1979-1990) avait procédé à de nombreuses confiscations et nationalisations, a tenté de rassurer les investisseurs étrangers et le secteur privé. Il a pris l'engagement de respecter les investissements, la propriété privée et de conserver le Traité de libre-échange liant son pays aux Etats-Unis. Il s'est aussi réconcilié avec l'Eglise catholique.L'ex-guérillero devrait donc bénéficier dans un premier temps d'un état de grâce à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Selon un sondage publié par le journal "La Prensa", 67,1% des Nicaraguayens pensent qu'il apportera plus de prospérité au Nicaragua. /ATS
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