Portugal: le parlement approuve un référendum sur l'avortement

LISBONNE - Le parlement portugais a approuvé l'organisation d'un nouveau référendum sur la dépénalisation de l'avortement jusqu'à dix semaines de grossesse. Ce vote pourrait mettre fin à une des législations les plus restrictives dans ce domaine en Europe.La date de cette consultation populaire doit être fixée par le président Anibal Cavaco Silva, qui a déjà indiqué qu'il ne s'y opposerait pas. Les Portugais devront répondre à la question suivante: "Etes-vous d'accord avec la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse si elle est réalisée, à la demande de la femme, dans les dix premières semaines de grossesse, dans un établissement de santé légalement autorisé ?"Le texte, déposé par le parti socialiste majoritaire au parlement, a été approuvé par les députés du PS, du Parti social démocrate (PSD, centre-droit), principal parti d'opposition, et du Bloc de gauche (BE, extrême-gauche). Le Parti communiste, partisan d'une loi du parlement en ce domaine plutôt que d'un référendum, s'est prononcé contre, tandis que le CDS-PP (droite) s'est abstenu.Selon un sondage, moins de la moitié des Portugais (47,9%) sont favorables à la dépénalisation de l'avortement et 39,9% y sont opposés. Les partisans de la dépénalisation ne sont que 50,6% chez les électeurs du Parti socialiste et plusieurs ministres font montre d'une certaine réticence.Au cours d'un précédent référendum, en juin 1998, le non l'avait emporté à une très faible majorité de près de 51%, avec une abstention de 68,1%.L'IVG n'est actuellement autorisée au Portugal qu'en cas de danger pour la vie de la mère, de malformation congénitale du foetus et de viol, ou, dans certains délais, de risques pour la santé physique ou psychique, qui doivent être officiellement confirmés par un médecin.Les femmes reconnues coupables d'avoir avorté clandestinement ou les médecins qui auraient pratiqué un avortement encourent des peines de prison pouvant aller jusqu'à trois ans.L'Eglise semble avoir opté pour un profil bas. Ainsi, le cardinal José Policarpo, archevêque de Lisbonne, a indiqué qu'elle ne donnerait pas de consigne de vote. /ATS
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