Sommet européen: les 25 taisent leurs divergences sur l'énergie

BRUXELLES - Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont mis une sourdine à leurs divergences. Ils ont affiché leur unité sur l'ébauche d'une politique énergétique commune, mais en affichant des objectifs modestes.Les débats, qui portaient en priorité sur l'énergie, n'ont fait aucune réelle vague. "Nous sommes sur la bonne voie, en essayant de construire l'Europe sur des résultats concrets", a pu se réjouir le président de la Commission européenne José Manuel Barroso lors de la conférence de presse finale.Tout au long des débats, les dirigeants ont évité soigneusement les mots qui fâchent, comme protectionnisme ou patriotisme économique. La France et l'Espagne en sont accusées pour essayer de contrer les velléités de rachat du français Suez par l'italien Enel et de l'espagnol Endesa par l'allemand E.ON.Les divergences n'ont pas été résolues au sommet. Jacques Chirac et Silvio Berlusconi n'ont pas eu d'aparté sur l'affaire Enel-Suez, le chef du gouvernement italien ayant décidé de garder profil bas à 15 jours des élections législatives. Et la chancelière allemande Angela Merkel s'est entretenue avec le premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero, mais selon elle, la discussion sera "sans impact".A l'issue du sommet, Jacques Chirac a dénoncé les velléités de rachat d'Enel sur Suez comme une "opération purement financière" plutôt qu'une "ambition industrielle solide". Il a également affirmé que ceux qui accusaient la France de protectionnisme disaient "n'importe quoi".Le Premier ministre britannique Tony Blair, qui fait partie de ceux qui dénoncent la position française, a lui estimé au contraire que le débat semblait "avancer dans la bonne direction" puisqu'il est "en train d'être remporté par ceux qui soutiennent des marchés plus ouverts". Et de rappeler par exemple que "l'électricité au 10, Downing Street est fournie par une entreprise française, l'eau par une entreprise allemande".L'unité affichée par ailleurs sur la politique énergétique n'a pu se faire qu'autour d'objectifs relativement modestes, très en deçà des recommandations inscrites dans le Livre vert présenté début mars par la Commission européenne.L'objectif le plus ambitieux consiste à amorcer une politique extérieure commune en matière d'énergie, afin de gagner en autorité dans le dialogue avec les grands fournisseurs comme la Russie. /ATS
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