Violences en France : les émeutes s'aggravent et s'étendent

PARIS - Les violences urbaines en France ont encore pris de l'ampleur dans la nuit de vendredi à samedi. Elles se sont étendues des banlieues pauvres de Paris à plusieurs régions de province, avec près de 900 véhicules brûlés. Pour la neuvième nuit consécutive, des jeunes, pour beaucoup d'origine immigrée, ont ignoré les appels au "dialogue" et défié la police pour attaquer et incendier plusieurs bâtiments publics, entrepôts, commerces et véhicules. La police a comptabilisé 897 véhicules incendiés et les violences se sont propagées, depuis la région parisienne, à plusieurs régions, touchant des villes comme Toulouse, Pau, Bordeaux, Lille ou Rennes. Ce bilan est le plus élevé depuis le début des troubles, le 27 octobre, déclenchés par la mort accidentelle de deux adolescents d'origine immigrée près de Paris qui se croyaient poursuivis par la police, à tort selon les autorités. La police a multiplié les interpellations, dont le nombre a bondi à 253. "Les interpellations, c'est la clé", a lancé le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, qui visitait un centre de police. "J'aime voir ça", a-t-il dit en montrant des chiffres d'interpellations. Un enfant âgé de seulement dix ans a été arrêté une bouteille d'essence à la main, selon la police. Certains responsables de l'opposition de gauche ont exigé le départ de M. Sarkozy, candidat déclaré à la présidentielle de 2007. Ses propos, avant les violences, notamment contre la "racaille" des cités avaient provoqué la colère des jeunes de banlieue et suscité des critiques jusqu'au sein du gouvernement. M. de Villepin a multiplié les consultations samedi pour tenter de trouver un moyen de ramener le calme. Il a déjà annoncé un nouveau plan pour les banlieues, décision accueillie avec un certain scepticisme. De leur côté, les parents des deux jeunes morts le 27 octobre ont lancé samedi un appel "à l'apaisement et au retour au calme, à l'arrêt de toute violence et au sens civique de chacun car la France ne mérite pas cela". /ATS
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