Violences urbaines en France : fermeté du gouvernement de Villepin

PARIS - La France s'est installée mercredi dans l'état d'urgence, malgré le retour au calme dans les banlieues. Le gouvernement de Villepin a affiché sa fermeté après avoir engagé l'expulsion de dix étrangers accusés d'avoir participé aux récentes émeutes. Cette ligne dure suscite des critiques de l'opposition de gauche, dont les députés ont voté mardi soir contre la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence. Mais l'Assemblée nationale, où le parti au pouvoir UMP est majoritaire, a adopté le texte à une large majorité. La France sera ainsi placée, jusqu'en février, sous ce régime qui autorise notamment l'instauration de couvre-feux, des perquisitions de police de jour comme de nuit et l'interdiction de certains rassemblement. Cette prolongation intervient alors même que le couvre-feu imposé aux mineurs a été levé dans plusieurs régions. Sur le terrain, l'accalmie se confirme avec 163 véhicules incendiés dans la nuit de mardi à mercredi. Au total, la police a interpellé près de 2900 personnes. Un jeune homme accusé d'avoir incendié un grand magasin à Arras a été condamné mardi à quatre ans de prison, la peine la plus lourde prononcée jusqu'ici. Près de 400 personnes ont été condamnées à la prison ferme. M. Sarkozy a annoncé mardi que des procédures d'expulsion avaient été engagées contre dix étrangers accusés d'avoir participé aux émeutes. L'action face aux violences du ministre de l'intérieur bénéficie d'un fort soutien: 68 % des Français l'approuvent. Le Parti socialiste a de son coté estimé qu'il fallait "aujourd'hui donner un signe d'apaisement et d'espoir" aux banlieues. Une cinquataine de partis de gauche, de syndicats et d'associations ont appelé à manifester mercredi à Paris contre "l'état d'exception". La prorogation de l'état d'urgence "est inutile et peut même s'avérer dangereuse", a estimé "Libération". Le quotidien de gauche y voit une "manoeuvre politicienne" destinée notamment à "rassurer un électorat inquiet, dont on craint qu'il ne se jette dans les bras de l'extrême droite". /ATS
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