Accueil mitigé aux mesures visant à réduire les coûts de la santé

BERNE - Les mesures en vue de réduire les coûts de la santé sont critiquées aussi bien de la part des médecins que des patients. Les assureurs estiment qu'on peut en faire davantage et l'industrie pharmaceutique souligne que les génériques ne sont pas la panacée. La Fondation alémanique de protection des consommateurs (SKS) se dit outrée: elle se bat depuis des années pour que les médecins soient obligés de prescrire des médicaments génériques, a rappelé sa présidente Barbara Bachmann. Au lieu de cela, on fait payer les patients tandis que les médecins peuvent continuer de prescrire de coûteux médicaments originaux: "C'est insolent", a poursuivi Mme Bachmann, pour qui cette décision est symptomatique de la politique de la santé de Pascal Couchepin. Pour l'organisation suisse des patients, les mesures sont fondamentalement positives, même si elle aussi demande qu'on force la main des médecins. Ces derniers ne devraient d'ailleurs prescrire que des substances actives et non des médicaments, estime la présidente de l'organisation Margrit Kessler. La Fédération des médecins suisses (FMH) critique de son côté surtout la baisse du point tarifaire des analyses de laboratoire. L'attitude autoritaire du Département fédéral de l'intérieur est "scandaleuse et aboutit à une décision inacceptable", écrit la FMH. Le laboratoire des praticiens fait économiser des dizaines de millions de francs par an au système de santé. Or la mesure annoncée mercredi va entraîner la disparition progressive de cette activité, regrettent les médecins. Pour Santésuisse, les mesures envisagées par Pascal Couchepin sont de manière générale positives. Il y a cependant plus à faire, a indiqué sa porte-parole Nicole Bulliard. Concernant les génériques, les assureurs maladie veulent par exemple ne pouvoir rembourser que le produit le moins cher. Il arrive qu'un médicament original soit moins coûteux qu'un générique, a expliqué Mme Bulliard. Les économies réalisées seraient ainsi plus conséquentes. Comme santésuisse, Interpharma souligne par ailleurs la problématique des médicaments génériques d'un coût légèrement supérieur, égal voire moins cher qu'un orginal. Une entreprise peut décider de baisser le prix de l'original si un générique arrive sur le marché. /ATS
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