Affaire du pont de l'Aubonne: acquittement des deux policiers

LAUSANNE - Le Tribunal correctionel de Nyon (VD) a acquitté les deux policiers poursuivis pour avoir, lors du sommet du G8, coupé la corde où étaient suspendus deux altermondialistes. Le verdict a suscité colère et indignation.Le tribunal a estimé que les deux policiers avaient commis des erreurs, mais que leurs manquements n'étaient pas punissables. Le drame est dû à une succession de malentendus et à la malchance. Dans l'agitation du moment, ce 1er juin 2003, personne n'a vu le gendarme schaffhousois se diriger vers la corde pour la couper.Il s'est en outre écoulé très peu de temps entre le moment où le sergent-major vaudois s'est approché du barrage et l'instant où le Schaffousois a coupé la corde. "Au maximum une minute et dix secondes", a calculé le président du tribunal Pierre Bruttin.Le tribunal a rappelé qu'il s'en était fallu de très peu qu'un autre policier ne coupe la corde. Au dernier moment, son supérieur l'en a empêché en l'informant que deux personnes étaient suspendues dans le vide de part et d'autre du pont.Comme le Parquet, qui avait abandonné l'accusation, la Cour estime que le chaos qui régnait sur le pont et la témérité des manifestants relèguent au second plan la faute des policiers. A ses yeux, l'action était mal organisée et les deux militants, en refusant de s'assurer, ont pris des risques inconsidérés.Le 1er juin 2003, en plein sommet du G8 à Evian, le Britannique Martin Shaw et l'Allemande Gesine Wenzel, s'étaient suspendus à une corde tendue en travers de l'A1 à hauteur du pont de l'Aubonne. L'action avait tourné au drame lorsqu'un policier, qui n'avait pas vu les militants, avait coupé la corde.Martin Shaw avait chuté d'environ 25 mètres, se blessant grièvement au pied et au bassin. Des manifestants avaient réussi à retenir le bout de corde où était suspendue sa compagne.Lorsqu'ils ont compris quelle serait l'issue du procès, les deux plaignants ont quitté précipitamment la salle d'audience en pleine lecture du jugement, suivis d'une douzaine de leurs sympathisants. Ils ont brièvement déroulé une banderole qui disait: "Police partout, justice nulle part".A la sortie du tribunal, ils n'avaient pas de mots assez durs pour condamner ce jugement. Martin Shaw s'est dit "dégoûté" par l'impunité dont jouit la police. "Je ne sais pas si nous allons faire recours car le système politique et judiciaire est tellement corrompu." /ATS
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