Economiesuisse réitère son refus d'adhérer à l'Union européenne

ZURICH - Les patrons de l'économie suisse ont réitéré pour la troisième fois leur refus d'adhérer à l'Union européenne. Economiesuisse craint en effet un impact négatif sur la politique monétaire, financière et fiscale, ainsi que sur le marché du travail.Les accords bilatéraux I et II suffisent à l'organisation faîtière des grandes entreprises helvétiques, qui a tenu à prendre les devants, le Conseil fédéral devant présenter dans les prochains mois sa position sur sa politique européenne.Dans ses grandes lignes, le texte ne présente aucune surprise. Economiesuisse se sent confirmée dans ses positions par l'évolution actuelle de l'UE.Non seulement, l'adhésion ne présente pas d'intérêt économique, mais elle "entraînerait des effets négatifs sur la politique monétaire nationale et un profond remaniement de la politique financière et fiscale, à l'issue trop incertaine", a expliqué le directeur d'economiesuisse, Rudolf Ramsauer.Par ailleurs, "le marché suisse du travail se verrait imposer des contraintes susceptibles de nuire à l'emploi". "On pensait autrefois qu'adhérer à l'UE nous forcerait à réformer notre marché intérieur", a dit le délégué d'economiesuisse à Bruxelles, Florent Roduit. "Vu les difficultés de l'Europe à libéraliser son marché intérieur, nous n'y croyons plus. Nous devrons faire ce travail nous-mêmes.""L'Europe est à la traîne du processus de globalisation", a poursuivi M. Roduit. "Les milieux économiques européens comprennent très bien le choix de la Suisse de ne pas adhérer à l'UE."Pour economiesuisse, une adhésion à la carte, comme la proposent les socialistes, n'est pas non plus une option, car "la majorité des Etats membres ne l'accorderait pas". La participation à l'EEE ne présente elle "plus aucun intérêt".Quant à l'adhésion à l'Union douanière européenne, elle impliquerait que la Suisse cède sa souveraineté en matière de politique commerciale. Elle perdrait donc la possibilité de conclure des accords de libre échange avec des pays non-européens, comme elle l'a fait avec succès jusqu'ici, selon Ueli Forster."Avec les bilatérales, nous avons atteint l'optimum. 95% des intérêts de l'économie sont couverts par ces accords", s'est réjoui le St-Gallois. Bien sûr, il y aura toujours matière à les adapter, mais "il est peu probable que l'on aille vers de nouveaux paquets d'accords comme les bilatérales I et II". /ATS
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