Kloten: le gouvernement veut limiter les nuisances, pas les vols

ZURICH - Le gouvernement cantonal zurichois ne veut pas plafonner les mouvements aériens à l'aéroport de Kloten, ainsi que le demande une initiative populaire. Il propose en contrepartie de limiter le nombre de personnes "fortement dérangées par le bruit des avions". Une valeur maximale basée sur le nombre de vols en 2000 serait ancrée dans la loi, a expliqué vendredi la ministre de l'économie Rita Fuhrer (UDC). Quelque 326 000 mouvements aériens ont été enregistrés cette année-là. Leur nombre a continuellement baissé depuis pour atteindre près de 267 000 aujourd'hui. C'est encore trop, estiment les organisations de défense de riverains, qui veulent plafonner le nombre de vols à 250 000 par an. "La limitation des mouvements aériens est un moyen peu apte à lutter contre le bruit des avions", a affirmé Mme Fuhrer. A ses yeux, il est plus efficace de combattre directement les nuisances sonores en limitant leur portée sur les habitants. Le Conseil d'Etat zurichois a déjà confié au Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche le soin "d'établir de façon scientifique" la valeur limite à ne pas dépasser. L'Office fédéral de l'aviation civile semble favorable à ce nouvel instrument pour limiter les nuisances sonores. Le contre-projet du Conseil d'Etat à l'initiative poursuit le but visé par cette dernière, qui est de protéger la population contre le bruit des avions, a relevé Mme Fuhrer. Mais contrairement à l'initiative, il n'affaiblit pas l'économie. La fermeture nocturne de l'aéroport pendant neuf heures au moins, comme le demandent les initiants, entraînerait la disparition du hub zurichois, de l'avis du gouvernement cantonal. Aujourd'hui, les vols sont interdits pendant cinq heures et demie, mais le nouveau règlement d'exploitation prévoit de prolonger la fermeture à sept heures. Les limitations exigées par l'initiative populaire sont en outre difficilement réalisables, estime le Conseil d'Etat. Le canton n'a pas la compétence de les faire appliquer seul. Le domaine du trafic aérien relève de la Confédération, elle-même dépendante des accords internationaux. Le comité d'initiative reste sceptique face au gouvernement. "Ce dernier promet plus de calme aux riverains de l'aéroport, sans toutefois dire où il fera passer les avions supplémentaires auxquels son contre-projet laisse la voie libre", critiquent les initiants. /ATS
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