La gauche et plusieurs ONG réclament un registre national des armes

BERNE - Avec 2 millions d'armes à feu, le risque est grand que les personnes suicidaires ou violentes passent à l'acte en Suisse. Forts de cette opinion, divers milieux souhaitent que la révision en cours de la loi sur les armes prenne un tour plus sévère.Le front réunit la gauche, des spécialistes de la prévention du suicide et de la violence ainsi que des organisations non gouvernementales comme Amnesty International. Ils ont appelé le National à renforcer le texte adopté en juin par le Conseil des Etats. Ce dernier n'a notamment pas voulu d'un registre national des armes à feu, une idée très contestée en consultation et abandonnée par le Conseil fédéral.En sus de ce registre, les tenants d'une loi plus sévère réclament une clause du besoin pour la détention d'armes par des particuliers ainsi qu'une interdiction de conserver un fusil ou un pistolet d'ordonnance à la maison. L'acquisition d'armes de chasse et de sport devrait en outre être soumise elle aussi à la détention d'un permis.Au coeur de l'argumentation en faveur de ces mesures figure la lutte contre la suicide et la violence. Chaque jour en moyenne, une personne se tue en Suisse avec une arme à feu: la première chose à faire serait donc d'en restreindre l'accès, selon le président de la Société suisse de psychiatrie et de psychothérapie, Hans Kurt.Avec près de 1500 cas par an, le suicide tue davantage que la route, la drogue et le sida réunis. La méthode la plus utilisée est l'arme à feu: 36% des hommes s'ôtent la vie de cette manière. Or s'il devient plus difficile de se procurer une arme, le taux de suicide diminue, comme le montre l'exemple du Canada. Idem pour la violence domestique et les agressions armées.L'auteur de l'attentat de Zoug a pu acquérir en toute légalité un fusil à pompe, un fusil d'assaut, un pistolet et un revolver. Si un registre des armes avait existé, la police aurait découvert lors de sa procédure d'octroi du permis d'acquisition combien d'armes étaient déjà en sa possesion, estime le conseiller d'Etat zougois en charge de la sécurité Hanspeter Uster. /ATS
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