Le Conseil fédéral mise sur les traités existants avec l'UE

BERNE - La Suisse n'est pas près de quitter la voie bilatérale avec l'Union européenne, a confirmé le Conseil fédéral dans son rapport "Europe 2006", publié mercredi. Le centre-droit est soulagé, mais la gauche défend toujours une adhésion tandis que l'UDC la craint."Notre relation à l'Union européenne ne doit pas être jugée selon le schéma trop stéréotypé du type 'adhérer/ne pas adhérer'", a déclaré d'emblée Micheline Calmy-Rey devant la presse. En clair, la Suisse doit se contenter pour l'heure d'assurer la mise en oeuvre des accords bilatéraux existants et d'approfondir des rapprochements dans des secteurs comme la santé, l'agriculture ou l'électricité.Le gouvernement ne se voit pas changer de stratégie pour l'instant, car les conditions sont bonnes. Mais si elles devaient évoluer, des alternatives pourraient être envisagées.L'adhésion à l'UE, gelée à Bruxelles depuis 1992, ne sera pas retirée. Le gouvernement, qui avait longtemps considéré l'adhésion comme un but stratégique, l'avait déjà déclassée au rang d'option à long terme en octobre dernier.Une seule possibilité est exclue, celle de la fermeture, a précisé Micheline Calmy-Rey. Le rapport analyse les effets de chaque approche - bilatérale, union douanière, adhésion à l'EEE, à l'UE, en particulie - sur une vingtaine de thèmes-clés tels que la démocratie directe, le marché du travail et la fiscalité.Le Conseil fédéral manque de courage, réagit le Parti socialiste à la lecture du rapport. A l'opposé, l'UDC regrette que le gouvernement continue de tendre vers une adhésion. Entre deux, les autres forces politiques saluent le maintien du cap sur la voie bilatérale.Celle-ci est la meilleure façon de défendre les intérêts de la Suisse face à l'Europe, estiment les radicaux et les démocrates-chrétiens. Le PRD regrette uniquement que le Conseil fédéral ne dise pas comment il entend protéger la voie bilatérale à l'interne, attaquée tous les six mois par l'UDC.Il s'y ajoute la contribution d'un milliard de francs sur cinq ans pour la cohésion de l'UE, menacée par un référendum. "Je n'ose pas imaginer ce qu'il adviendrait de nos relations avec Bruxelles en cas de refus de ce soutien", s'est inquiétée la cheffe des affaires étrangères.D'ailleurs, l'UE est dans l'attente du vote du peuple suisse. Les accords de Schengen et sur la fraude fiscale n'ont pas encore été ratifiés, a-t-elle rappelé. /ATS
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