Le débat sur l'égalité des sexes accouche du congé paternité

BERNE - Au bout de trois heures de débat consacrées aux discriminations à l'égard des femmes, le Conseil national a donné son feu vert au congé paternité. La motion de Roger Nordmann (PS/VD) a passé la rampe de justesse par 78 voix contre 74.Quatre abstentionnistes et une partie du PDC ont fait la différence. Comme le Conseil fédéral, le groupe démocrate-chrétien avait pourtant appelé au rejet de la motion socialiste, se disant ouvert à un congé paternité non payé. Le National a encore transmis six autres interventions.Il a notamment demandé au Conseil fédéral de mettre sur pied un plan de mesures pour faire appliquer l'égalité entre hommes et femmes, de se pencher sur la reconnaissance des compétences acquises dans le cadre extraprofessionnel. Il a aussi exigé un rapport de suivi sur la mise en oeuvre des mesures proposées par le gouvernement, pour accroître l'efficacité de la loi sur l'égalité.Pas question en revanche de prendre des mesures pour appliquer un test sur l'égalité des salaires dans l'administration ou le secteur privé, ou encore d'organiser une conférence nationale sur les différences salariales. Le Conseil national a par ailleurs renoncé à renforcer la protection des femmes victimes de discriminations contre les licenciements.Loin d'être atteinte de l'avis unanime de la chambre du peuple, l'égalité des sexes a échauffé les esprits. L'UDC a traité le thème avec mépris. "Je tiens la loi sur l'égalité pour moins que rien", a tenu à préciser d'emblée Toni Bortoluzzi (UDC/ZH) en qualifiant le débat spécial de "bêtise" marquée par l'idéologie socialiste. Les discriminations salariales n'ont rien à voir avec les sexes, a-t-il assuré.Se qualifiant de "femme émancipée", Ursula Haller (UDC/BE) a avoué que pour résoudre les problèmes de toutes les femmes, il faut chercher des solutions intelligentes avec les hommes et au-delà des clivages partisans, a ajouté Mme Haller.Pour le PRD, l'égalité des sexes est une évidence, a assuré Gabi Huber (UR). Mais une surréglementation n'atteindra pas le but visé. Le Conseil fédéral veut combattre les discriminations, "mais une loi ne peut pas à elle seule installer comme par un coup de baguette magique l'égalité dans le monde du travail", a renchéri le conseiller fédéral Pascal Couchepin. /ATS
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