Les droits humains menacés par la "guerre contre le terrorisme"

BERNE - La guerre contre le terrorisme porte trop souvent atteinte aux droits fondamentaux des individus, indique Amnesty International. Dans son rapport annuel, l'ONG dénonce les dérives des Etats concernés mais relève également "des raisons d'espérer".La sécurité dans le monde ne peut être assurée en portant des coups au principe fondamental du respect des droits humains, clame Amnesty International (AI) dans son bilan pour l'année 2005. L'organisation dénonce des mesures "abusives" de la part des Etats-Unis et de ses alliés européens dans la "guerre contre le terrorisme".Les disparitions, les transferts secrets de prisonniers vers des lieux de détentions clandestins ainsi que les actes de torture perpétrés sont condamnés par l'ONG. Celle-ci constate que, par l'usage de telles méthodes, les attaques terroristes à l'échelle planétaire n'ont pas diminué, bien au contraire.AI reproche aux pays "puissants et privilégiés" d'accaparer l'attention de la communauté internationale avec des préoccupations sécuritaires, au détriment des problèmes posés par la violation des droits humains dans le monde, comme c'est le cas en Tchétchénie, en Colombie, en Afghanistan, en Iran, en Ouzbékistan ou encore en Corée du Nord.Mais, selon l'ONG, les atteintes aux droits humains dans le combat contre le terrorisme ne sont pas uniquement le fait des Etats-Unis et et ses alliés européens. Elle cite de sévères politiques de répression instaurées en Ouzbékistan, en Chine, en Malaisie, à Singapour et au Kenya, sous couvert de la lutte anti-terroriste.Si le nombre des conflits armés a diminué en 2005, le degré de souffrance engendré n'a pas faibli, note l'organisation, qui ajoute que la majorité des victimes en Irak, dans le conflit israélo-palestinien et au Darfour notamment, étaient des civils. Des situations d'enlisement débouchant sur des "conflits oubliés" ont eu lieu en Afghanistan, au Népal, en Ouganda et dans d'autres régions du globe, rappelle AI.L'ONG met aussi en exergue la radicalisation des discriminations et des violences à l'encontre d'individus, en raison de leur identité culturelle, religieuse ou sociale. Elle évoque le problème des populations kurdes, persécutées en Syrie et en Iran mais aussi, dans les pays occidentaux, la montée du racisme envers les musulmans, souvent associés au terrorisme. /ATS
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