Les propos de Christoph Blocher à Ankara vivement critiqués

ANKARA - Christoph Blocher en visite en Turquie, a violemment critiqué la norme pénale anti-raciste. Il a regretté que ce texte ait conduit à une enquête en Suisse contre un historien turc pour ses propos sur le génocide arménien.Les propos de M. Blocher au sujet de la réaction d'Ankara face aux instructions ouvertes en Suisse contrastent avec la position officielle exprimée par Berne: le ministre a dit "comprendre la position des Turcs", alors que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait jusqu'ici fait part de sa "surprise face aux protestations continues d'Ankara concernant ces enquêtes"."Cet article me fait mal au ventre", a lancé le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) devant la presse au sujet de lŽarticle 261 bis du code pénal suisse. Ce texte a été adopté en 1994 pour empêcher des propos négationnistes relatifs à lŽHolocauste, a relevé le conseiller fédéral à lŽissue de sa rencontre avec le ministre turc de la justice Cemil Cicek."Personne nŽavait alors pensé quŽil traînerait en justice un éminent historien turc", a poursuivi M. Blocher en référence à Yusuf Halacoglu, poursuivi pour des propos négationnistes tenus dans un discours à Winterthur (ZH) en 2004.La justice suisse a ouvert en 2005 des enquêtes contre Yusuf Halacoglu et le politicien turc Dogu Perinçek pour déterminer si des propos tenus en Suisse sur le génocide arménien violent la norme anti-raciste.Le Conseil national et des parlements cantonaux ont reconnu le génocide arménien perpétré par lŽarmée ottomane. Sur ce point, M. Blocher a rappelé la position officielle du Conseil fédéral, qui parle des "événements tragiques de 1915". "Ni les politiciens, ni les tribunaux nŽont à se prononcer sur la question. C'est la tâche des scientifiques", a affirmé le ministre.Le gouvernement turc a récemment proposé la création dŽune commission mixte dŽhistoriens turcs et arméniens pour faire la lumière sur les événements de 1915. M.Blocher s'est dit persuadé que cette solution était la bonne.La Turquie, qui ne nie pas les tueries, en conteste lŽampleur et rejette la qualification de "génocide". /ATS
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